La crise sanitaire en RDC prend une tournure particulièrement inquiétante avec la persistance de l’épidémie de choléra. Alors que le pays tentait de contenir la maladie, la province du Sud-Kivu enregistre à elle seule plus de 2 670 cas et 36 décès depuis le début de l’année. Ces chiffres, communiqués par les autorités sanitaires, révèlent une situation fragile où la vigilance ne doit pas faiblir, surtout dans des zones récemment secouées par des conflits.
Comment une maladie pourtant évitable continue-t-elle de faucher des vies ? La réponse se niche souvent dans l’accès limité à l’eau potable et aux infrastructures d’hygiène de base. Le choléra, infection intestinale aiguë, se propage principalement par l’eau ou les aliments contaminés. Dans un contexte où les systèmes de santé sont déjà sous tension, chaque nouveau foyer représente un défi majeur pour les équipes médicales sur le terrain.
Face à cette urgence, le gouvernement central a décidé d’intensifier sa riposte. Un accent particulier a été mis sur la ville d’Uvira, récemment repassée sous contrôle étatique après une période d’instabilité. Considérant les pillages qui ont affecté les structures de santé locales, le Ministère de la Santé Publique a déployé 40 tonnes de matériels essentiels vers les établissements de soins de la région. Cette cargaison, comprenant des médicaments, des équipements et des réactifs de transfusion, vise à renforcer les capacités locales à faire face à l’épidémie de choléra à Uvira. « Un gros plan a été fait sur la situation dans cette ville où 61 cas suspects, dont 9 confirmés, ont été enregistrés en une semaine », a indiqué le Conseil des Ministres.
Parallèlement, une lueur d’espoir semble poindre à l’échelle nationale. Les données les plus récentes montrent une légère baisse du nombre de nouveaux cas notifiés, passant de 1 457 à 1 369 sur une période donnée. La tendance est similaire pour l’épidémie de Mpox (ex-variole du singe), avec une diminution des cas suspects. Ces signaux positifs démontrent que les dispositifs de riposte, lorsqu’ils sont opérationnels, peuvent inverser la courbe. Cependant, la prudence reste de mise, car la maladie circule toujours activement dans 19 zones de santé du Sud-Kivu.
Quelles sont les zones les plus affectées par cette crise sanitaire en RDC ? L’axe Sud de la province paie un lourd tribut. La zone de santé de Fizi arrive en tête avec un bilan dramatique de 1 101 cas et deux décès. Elle est suivie par Ruzizi (421 cas, 3 décès), Nundu à Fizi (390 cas, 10 décès), Uvira (157 cas) et Itombwe (118 cas pour 20 décès, soit un taux de létalité alarmant de 16,9%). Ces chiffres illustrent l’inégale répartition de la souffrance et la nécessité de cibler les interventions en fonction de la vulnérabilité des populations.
Face à cette propagation, les autorités sanitaires provinciales lancent un appel solennel. Le respect strict des mesures d’hygiène demeure la pierre angulaire de la prévention. Se laver régulièrement les mains avec du savon, traiter l’eau de boisson, cuire correctement les aliments et utiliser des latrines hygiéniques sont des gestes barrières simples mais vitaux. En cette période, la santé publique en Congo est l’affaire de tous. Chaque citoyen, en adoptant un comportement responsable, devient un acteur de la lutte contre le choléra.
Cette épidémie, l’une des plus graves de la dernière décennie selon le ministère de la Santé, a déjà touché plus de 58 000 personnes à l’échelle nationale entre janvier et septembre 2025. Elle s’est étendue à 20 provinces sur 26, rappelant la dimension structurelle du défi. Au-delà de la réponse d’urgence, c’est bien l’amélioration durable de l’accès à l’eau, à l’assainissement et aux soins de santé primaires qui permettra à la RDC de se prémunir contre de telles crises sanitaires à l’avenir. La bataille contre le choléra est loin d’être gagnée, mais avec une mobilisation coordonnée des autorités, des partenaires et des communautés, elle peut être contenue.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
