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Formation à Beni : des femmes en armes contre l’extrémisme violent des ADF

Une vague de sensibilisation cible désormais les femmes de Beni, en plein cœur du Nord-Kivu. Vendredi 13 février, une cinquantaine de représentantes d’associations féminines ont participé à une formation cruciale sur les dangers de l’extrémisme violent. Cette initiative, organisée à l’initiative du Groupe consultatif de médiation dans la région de Beni, se place en première ligne de la prévention violence Nord-Kivu. Comment contrer l’idéologie mortifère qui mine la cohésion sociale ? La réponse passe par l’éducation et la mobilisation des communautés, en particulier des femmes, souvent en première ligne des conflits.

L’activité s’inscrivait dans le sillage de la Journée internationale pour la prévention de l’extrémisme violent, commémorée chaque 12 février. Dans une province ravagée par des décennies de conflits, cette date revêt une signification particulière. Le Nord-Kivu, et plus spécifiquement le territoire de Beni, est en proie aux attaques récurrentes des groupes armés, au premier rang desquels les Forces Démocratiques Alliées (ADF). La formation femmes Beni extrémisme violent visait précisément à armer intellectuellement les participantes contre cette menace diffuse et multiforme.

Le constat est implacable : l’extrémisme violent n’est pas une abstraction lointaine, mais une réalité quotidienne qui frappe les foyers. Tudi Diane Tumba, coordinatrice intérimaire du Groupe consultatif de médiation, a dressé un bilan sans appel. « Si nous prenons le cas des meurtres commis par les ADF, vous comprendrez que l’extrémisme violent nous cause beaucoup de problèmes. Nous en sommes victimes : nous sommes tuées, violées, mutilées, parce qu’il existe une multiplicité de formes d’extrémisme violent dans la partie Grand Nord de la RDC », a-t-elle déclaré, soulignant l’urgence de la situation. Cette ADF Beni sensibilisation est donc une question de survie pour des populations abandonnées à leur sort.

Au-delà des violences physiques, la coordinatrice a pointé du doigt un vecteur insidieux de la terreur : la technologie. Dans un élan ferme, elle a exhorté l’assemblée à une vigilance absolue concernant la circulation des contenus violents. « Avec la technologie actuelle, il est important de s’abstenir de partager ces images et ces messages. Les transférer, c’est faire leur campagne, et cela ne nous honore pas », a-t-elle martelé. Cet appel à la responsabilité individuelle et collective est un pilier essentiel de la lutte contre la propagande extrémiste, qui se nourrit de la peur et de la viralité.

La formation dispensée avait pour objectif central de renforcer les capacités des femmes à identifier, comprendre et contrer les mécanismes de l’extrémisme. Dans une région où la désinformation et la manipulation idéologique font des ravages, doter les leaders communautaires d’outils d’analyse critique est une stratégie défensive vitale. Ces femmes, une fois retournées dans leurs quartiers et villages, deviennent des relais d’information et de prévention indispensables. Elles sont les pierres angulaires de la cohésion sociale Grand Nord RDC, un rempart fragile contre la dislocation du tissu communautaire.

Mais pourquoi cibler spécifiquement les femmes ? Leur rôle dans la sphère familiale et sociale en fait des actrices clés de la résilience. Elles sont souvent les premières à percevoir les signes de radicalisation chez les jeunes, les premières à subir les conséquences économiques et psychologiques des violences. Les former, c’est reconnaître leur potentiel d’agents de paix et leur donner les moyens d’action. L’initiative du groupe consultatif médiation reconnaît cette réalité et tente d’y apporter une réponse concrète et localisée.

Le tableau reste néanmoins sombre. La persistance des attaques des ADF et d’autres milices entretient un climat de terreur propice à l’engrenage de la violence. La prévention peut-elle suffire face à des groupes armés déterminés ? La question hante tous les efforts de pacification. Pour Tudi Diane Tumba, cette journée doit avant tout être un catalyseur. Elle appelle à en faire un moment de sensibilisation, de mobilisation et de prise de conscience massive. Il ne s’agit pas seulement d’une session de formation, mais d’un signal fort lancé aux autorités et à la communauté internationale : la bataille contre l’extrémisme violent se gagne aussi sur le terrain des mentalités.

En définitive, cette action à Beni, bien que modeste en apparence, s’inscrit dans une lutte de longue haleine. Elle symbolise la résistance opiniâtre de la société civile face à l’obscurantisme. Les femmes formées ce jour sont désormais des sentinelles. Leur mission : surveiller, alerter et éduquer. Le chemin vers la paix et une cohésion sociale retrouvée dans le Grand Nord est semé d’embûches, mais chaque initiative de dialogue et de formation en est un pavé indispensable. L’extrémisme prospère dans l’ignorance et la division ; la réponse doit donc être collective, éclairée et inlassable.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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