Alors que Kinshasa annonce accepter une proposition de cessez-le-feu historique pour le 18 février 2026, les flammes de la guerre continuent de consumer l’est de la République Démocratique du Congo. Les FARDC pointent du doigt la coalition AFC/M23, qu’elles accusent d’avoir incendié, ce 11 février, des habitations civiles à Rusankuku, dans les hauts plateaux de Fizi-Uvira. Ces actes, qualifiés de « graves violations du Droit international humanitaire » par le lieutenant-colonel Mongba Hazukay Mak, porte-parole a.i. des forces armées, jettent une ombre menaçante sur les fragiles avancées diplomatiques. Une question s’impose : la violence sur le terrain peut-elle vraiment coexister avec les pourparlers de paix ?
Selon le communiqué militaire, l’opération à Rusankuku viserait à « punir la population » ayant refusé la déportation. Les FARDC dénoncent des « actes terroristes scandaleux » qui, selon elles, révèlent « la cruauté et la détermination de l’armée rwandaise et ses supplétifs à saboter le processus de paix en cours ». Cette accusation directe contre Kigali intervient à un moment crucial, alors qu’un fragile espoir naît des capitales africaines. En effet, le gouvernement congolais a officiellement accepté, vendredi, une proposition angolaise pour un cessez-le-feu devant entrer en vigueur à midi, le 18 février 2026. Kinshasa affirme agir « dans un esprit de responsabilité et d’apaisement », saluant les efforts de l’Angola pour un « retour durable à la paix et à la stabilité dans la région des Grands Lacs ».
Ce cessez-le-feu Angola RDC 2026 s’inscrit dans le cadre du mécanisme de surveillance signé à Doha en octobre 2025. Il impose un gel strict des positions, l’arrêt des renforcements militaires et, point crucial au regard des événements de Rusankuku, la protection des populations civiles et le respect du droit humanitaire. La Présidence de la République a averti que toute consolidation unilatérale des positions « compromettrait gravement la crédibilité du processus ». Un avertissement qui sonne comme une prémonition face aux récents incendies.
La dynamique diplomatique est pourtant tangible. Elle fait suite à une rencontre à Luanda réunissant les présidents João Lourenço de l’Angola, Félix Tshisekedi de la RDC, Faure Gnassingbé du Togo (médiateur de l’UA), et l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, facilitateur. Cette architecture de médiation, précisée lors d’une réunion à Lomé en janvier, vise à encadrer le processus paix Grands Lacs. Mais sur le terrain, la défiance reste la règle.
De son côté, l’AFC/M23, par la voix de son coordonnateur politique Corneille Nangaa, a affirmé sa disposition à appliquer « sans délai et de bonne foi » le mécanisme de Doha. Cependant, il a fustigé la « stratégie de fragmentation diplomatique » de Kinshasa et qualifié l’acceptation du cessez-le-feu de « manœuvre de communication ». Il retourne l’accusation, affirmant que le gouvernement poursuit des « actes de belligérance », incluant des offensives dans des zones peuplées et le recours à des mercenaires. Cette rhétorique belliqueuse, échangée parallèlement aux déclarations de paix, dessine les contours d’un conflit où la communication est une arme de guerre.
Les violations droits humains Fizi-Uvira, comme celles dénoncées à Rusankuku, constituent l’épineuse réalité qui défie les signatures sur les documents diplomatiques. Le président Tshisekedi joue gros avec cette acceptation du cessez-le-feu, dont l’échec, miné par de tels incidents, pourrait durablement affaiblir la crédibilité de son gouvernement et de ses partenaires internationaux. La communauté régionale, par la médiation angolaise et africaine, tente de poser les bases d’une désescalade. Mais la route vers la paix dans l’est RDC actualités est semée d’embûches, où chaque incendie peut réduire en cendres les espoirs les mieux intentionnés.
Les prochains jours, jusqu’à la date butoir de février 2026, seront décisifs. L’enjeu n’est pas seulement le silence des armes, mais la capacité des belligérants à respecter les engagements les plus fondamentaux : la protection des civils et le droit international humanitaire. L’incendie de Rusankuku est un test. S’il reste une tragédie isolée, le processus pourra peut-être survivre. S’il annonce une recrudescence des violences, il signera l’échec précoce d’une paix qui n’aura existé que sur le papier. La balle est désormais dans le camp des acteurs armés, sommés de choisir entre la voie des armes et celle du dialogue.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd
