26 C
Kinshasa
samedi, février 14, 2026

Toute l'Actualité RDC, en Direct et en Détail

AccueilActualitéSecuritéNord-Kivu : le chef Ihana dénonce le rançonnement aux barrières de Kibua

Nord-Kivu : le chef Ihana dénonce le rançonnement aux barrières de Kibua

Les barrières de sécurité érigées aux entrées est et nord de Kibua, dans le territoire de Walikale au Nord-Kivu, sont aujourd’hui au cœur d’un scandale de rançonnement systématique. Le chef de groupement Ihana, Mwami Kitwana Ngulu, a officiellement interpellé les autorités militaires pour dénoncer les graves tracasseries subies par les populations et les commerçants. Ces points de contrôle, initialement justifiés par des impératifs sécuritaires, sont devenus des sources d’extorsion quotidienne.

Selon le message officiel de l’autorité coutumière, des militaires des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et des éléments Wazalendo affectés à ces postes exigeraient des sommes d’argent forfaitaires aux usagers. Cette pratique transforme la libre circulation en un calvaire pour les voyageurs et les transporteurs de marchandises. La traversée de ces barrières est rendue difficile, voire impossible, pour ceux qui refusent de payer ou ne disposent tout simplement pas des moyens financiers requis.

La situation décrite va au-delà du simple racket. Le chef de groupement Ihana rapporte des cas avérés de torture et de mauvais traitements infligés à certains voyageurs. Ces abus, perpétrés par des hommes en armes, contribuent à une érosion alarmante de la confiance entre la population locale et les services de défense censés la protéger. Comment expliquer que ceux chargés d’assurer la sécurité deviennent une source d’insécurité et de violence ?

Kibua, un important centre commercial situé à près de 80 kilomètres de Walikale centre, voit ainsi son activité économique étouffée par ces pratiques illégales. Les tracasseries aux barrières Kibua constituent un frein majeur au développement et à la libre entreprise dans une région déjà fragilisée. Les militaires FARDC impliqués dans ces exactions discréditent l’institution et nourrissent un profond ressentiment.

Face à cette dérive, l’appel du chef Mwami Kitwana Ngulu est sans équivoque : une intervention urgente des autorités militaires est nécessaire pour restaurer l’ordre et la discipline. Il recommande, si la situation ne s’améliore pas rapidement, le démantèlement pur et simple de ces barrières devenues contre-productives. L’objectif doit rester la garantie de la libre circulation des personnes et de leurs biens, un principe fondamental pour la revitalisation économique du Nord-Kivu.

La mise en garde finale de l’autorité coutumière est particulièrement sérieuse. Il souligne un risque élevé d’incident sécuritaire majeur, lié aux tensions persistantes et à l’exaspération grandissante autour de ces postes. Les abus des Wazalendo et des militaires créent une poudrière sociale. Sans mesures préventives immédiates, une escalade de violence est à craindre, pouvant déstabiliser davantage la zone.

Cette affaire pose une question cruciale sur la gouvernance sécuritaire dans l’Est de la RDC. Jusqu’où peut-on tolérer que des éléments armés, quelle que soit leur affiliation, bafouent les droits des citoyens qu’ils sont supposés servir ? Le rançonnement Nord-Kivu, sous couvert de contrôle, sape les efforts de pacification et perpétue un climat de peur et de prédation.

Les témoignages recueillis par Congo Quotidien confirment l’ampleur du phénomène. De nombreux habitants et commerçants, sous couvert d’anonymat par crainte de représailles, relatent des scènes identiques de harcèlement financier. Les sommes exigées varient, mais la pratique est constante, transformant chaque voyage en parcours du combattant. Les tracasseries militaires FARDC sont devenues une taxe illégale sur la mobilité.

L’interpellation du chef groupement Ihana constitue un acte de courage civique significatif. Elle place les autorités face à leurs responsabilités. La balle est désormais dans le camp du commandement militaire régional, qui doit enquêter sans délai, identifier et sanctionner les responsables de ces agissements, et redéfinir clairement les missions des postes de contrôle. La crédibilité de l’État est en jeu dans la réponse qui sera apportée à cette crise locale aux implications nationales.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

Commenter
Actualité Liée

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici


Actualité Populaire Liée

Actualité Populaire RDC

Résumé de l'actualité quotidienne

Le Brief du Jour du 13 Février 2026

Ce 13 février 2026, le Brief du Jour revient sur la flambée simultanée des épidémies de rougeole et choléra, l’enrôlement massif d’enfants soldats et les attaques persistantes des groupes armés à l’Est. À l’international, Kinshasa relance sa diplomatie de paix durant le sommet africain, pendant que les questions environnementales balancent entre pollution minière et biodiversité préservée. Le secteur minier se structure avec une transaction inédite sur le cobalt, et l’urbanisme de la capitale provoque un choc social. L’essentiel de l’actualité du jour résume une RDC sous pression mais déterminée à transformer ses crises en rebond.

Derniers Appels D'offres

Derniers Guides Pratiques