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MONUSCO : Reprise sous conditions des opérations dans l’est de la RDC

Une source onusienne de haut niveau a confirmé, ce mardi, une information majeure pour la stabilisation des provinces en crise. La Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) planifie une reprise méthodique de ses activités dans l’est du pays. Cette reprise des opérations, longtemps attendue, sera conditionnée à un impératif absolu : l’obtention de garanties sécuritaires fermes et vérifiables. Sans ces assurances, aucun déploiement ne sera autorisé, a-t-il été précisé.

Le schéma opérationnel, transmis aux parties concernées et à plusieurs capitales étrangères, est décrit comme progressif et prudent. Il doit débuter par une phase aérienne exclusive. Des vols de reconnaissance seront ainsi les premières manifestations visibles du retour de la MONUSCO dans l’espace contesté. Ces survols auront pour objectif principal d’évaluer la situation sécuritaire sur le terrain, de cartographier les mouvements des groupes armés et de vérifier le respect des déclarations de cessez-le-feu.

Ce n’est qu’ensuite, et seulement si l’environnement est jugé suffisamment stable, qu’un déploiement limité de personnel au sol pourrait être envisagé. Cette approche en escalier vise à minimiser les risques pour le personnel onusien tout en permettant une montée en puissance graduelle des capacités. La sécurisation préalable de la zone d’Uvira, point stratégique au Sud-Kivu, est explicitement mentionnée comme une priorité dans cette phase initiale. Aucun chiffre n’a toutefois filtré concernant le nombre de casques bleus ou d’observateurs qui pourraient finalement être engagés.

Mais cette reprise peut-elle vraiment se concrétiser sans un environnement sécurisé ? La question reste entière. La source onusienne a été catégorique : « Rien ne se fera sans garanties sécuritaires ». Cette condition sine qua non a été portée à la connaissance des différents belligérants, des autorités congolaises et de diplomates étrangers engagés dans le dossier. L’objectif stratégique de cette manœuvre est clairement affiché : impulser une nouvelle dynamique au processus de paix et faire durablement avancer le cessez-le-feu souvent fragile. La MONUSCO devra endosser un rôle crucial de vérification et d’observation indépendante des engagements pris.

Cependant, l’ONU elle-même tempère les attentes. L’organisation internationale a tenu à souligner qu’elle ne pouvait, à elle seule, porter l’ensemble des efforts de paix. Le succès de cette entreprise repose également sur l’implication active et concertée des garants des différents accords de paix, au premier rang desquels les États‑Unis, le Qatar et l’Union africaine. La coordination entre ces acteurs sera déterminante pour créer les conditions politiques permettant l’action sécuritaire sur le terrain.

Ce calendrier de reprise progressive est calibré pour intervenir avant une échéance importante : l’octroi d’un mandat plein et actualisé par le Conseil de sécurité des Nations Unies, attendu pour le mois de mars prochain. Ce futur mandat, particulièrement attendu pour la province du Sud-Kivu, doit redéfinir les priorités et les moyens de l’action onusienne. En reprenant une présence opérationnelle dès maintenant, l’ONU cherche à la fois à marquer rapidement son retour sur le terrain et à nourrir ses recommandations finales basées sur une évaluation concrète des coûts, des besoins et de l’efficacité potentielle de son action future.

Cette annonce survient dans un contexte de tensions persistantes et de défiance parfois exprimée envers la présence internationale. La méthode choisie, basée sur une progression conditionnée par la sécurité, apparaît donc comme un compromis entre la nécessité d’agir et la prudence requise. Les prochaines semaines seront décisives pour voir si les conditions nécessaires à la matérialisation de ces vols de reconnaissance, puis d’un déploiement terrestre, pourront être réunies. L’est de la RDC retient son souffle, entre espoir d’une stabilisation et crainte d’un nouvel enlisement.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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