Le terrain annexe du Stade des Martyrs a servi de cadre, ce vendredi 6 février, à une importante parade de garnison présidée par le Général-Major Kizimu Mbuyu Stasin. En sa qualité de Commandant de la 14ᵉ Région Militaire et de la Task Force de Kinshasa, l’officier supérieur a passé en revue les troupes des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de la Police nationale de la ville-province. Cette cérémonie, la première de l’année 2026, s’inscrit dans un contexte sécuritaire national particulièrement tendu.
Face aux éléments rassemblés, le Général Stasin a d’abord transmis les vœux des hautes hiérarchies militaires et policières. Le cœur de son discours a, cependant, rapidement basculé vers un message d’alerte et de cohésion. Le commandant a placé la « trilogie armée–police–population » au centre de la réussite de la mission sécuritaire. Une coopération étroite avec les civils a été présentée comme la clé de voûte de la stabilité. « La réussite de notre mission […] est en grande partie tributaire à notre coopération avec la population », a-t-il martelé, mettant en garde contre tout comportement hostile ou prédateur envers les Kinois.
L’ombre du conflit à l’Est du pays a plané sur l’ensemble de la cérémonie. Le Général-Major Kizimu Mbuyu Stasin n’a pas manqué de rappeler que « le pays est en guerre ». Il a dénoncé les « actions criminelles » du Rwanda et de ses supplétifs, tout en saluant la résistance des FARDC, de la police et des Wazalendo. L’accent a été mis sur les résultats de la « diplomatie agissante » du Président Félix Tshisekedi, citant en exemple le retrait des rebelles du M23–AFC de la ville d’Uvira. Un message clair est ainsi envoyé : la détermination sur tous les fronts, militaire et diplomatique, est de mise.
Mais la menace, selon le commandant, ne se limite pas aux fronts lointains. La capitale Kinshasa, siège des institutions de la République, est elle-même une cible potentielle. Le Général Stasin a sonné l’alerte contre les risques d’infiltration et de déstabilisation interne. « Les ennemis du pays […] ne jurent que par l’infiltration dans le seul objectif de nous déstabiliser et nous mener la guerre en interne dans la ville de Kinshasa », a-t-il affirmé. Un appel à la vigilance extrême a donc été lancé, enjoignant les forces de sécurité comme la population à dénoncer tout mouvement ou personne suspects.
Cet impératif de vigilance s’accompagne d’une mise en garde interne. Le commandant de la 14ᵉ Région Militaire a explicitement interdit à ses hommes l’usage abusif des réseaux sociaux et toute immixtion dans les conflits fonciers. Ces directives visent à préserver l’unité et la concentration des forces sur leur mission principale : la sécurité de la capitale et du pays.
Cette parade militaire à Kinshasa dépasse ainsi la simple démonstration de force. Elle constitue un moment de recentrage doctrinal et opérationnel. Dans un pays où la confiance entre la population et ses forces de sécurité a souvent été érodée, le discours du Général Stasin tente de rétablir un pacte. La sécurité de la capitale RDC, selon cette vision, ne peut être garantie par les seuls uniformes. Elle requiert une alliance organique avec les citoyens, devenus des sentinelles actives.
La fin de la cérémonie a été marquée par un défilé traditionnel, mais l’atmosphère restait empreinte de gravité. L’événement souligne la dualité du défi sécuritaire congolais : contenir une agression armée à l’Est tout en verrouillant la stabilité au centre, à Kinshasa. La coopération armée police population est ainsi érigée en stratégie nationale face à la menace persistante du M23 à l’Est Congo. La détermination affichée par le haut commandement local sera-t-elle suffisante pour prévenir toute tentative de déstabilisation de la capitale ? La réponse dépendra de l’application concrète de ces principes sur le terrain, dans chaque quartier de la mégalopole.
Alors que les défis sécuritaires se complexifient, cette parade rappelle que la protection des institutions et de la nation repose sur une chaîne de vigilance où chaque maillon, militaire, policier ou civil, est indispensable. La sécurité capitale RDC est l’affaire de tous.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
