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Afrique du Sud : fin de la participation à la MONUSCO après 27 ans en RDC

L’Afrique du Sud a officialisé sa décision de retirer ses troupes de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). Cette annonce, transmise par le président Cyril Ramaphosa au secrétaire général de l’ONU António Guterres, marque un tournant significatif après vingt-sept années d’engagement continu. Pretoria, qui figurait parmi les dix principaux contributeurs avec plus de 700 soldats sud-africains en RDC, justifie ce retrait par une nécessaire réorientation de ses ressources militaires nationales. La décision, unilatérale, interpelle sur l’avenir de la mission onusienne dans un contexte sécuritaire toujours volatile.

Le communiqué de la présidence sud-africaine, daté du 8 février 2026, précise que le retrait sera coordonné avec les Nations Unies et devrait s’achever avant la fin de l’année 2026. Si le gouvernement de Pretoria affirme maintenir des relations bilatérales étroites avec Kinshasa et soutenir les efforts multilatéraux, la perte de ce contingent expérimenté pose une série de questions. Comment la MONUSCO va-t-elle compenser cette baisse de capacité opérationnelle dans l’exécution de son mandat de protection des civils ? Cette décision reflète-t-elle une lassitude plus générale des contributeurs de troupes face à la complexité de la crise congolaise ?

Le contexte de ce retrait est particulièrement sensible. En décembre 2025, le Conseil de sécurité a justement prorogé le mandat de la mission onusienne de stabilisation en RDC jusqu’au 20 décembre 2026 par la résolution 2808. Cette résolution, adoptée à l’unanimité, réaffirme les priorités stratégiques de la MONUSCO : la protection des populations civiles, le soutien à la mise en œuvre d’un cessez-le-feu permanent, et le renforcement des institutions étatiques. Le retrait sud-africain intervient donc au moment où la mission est censée être « en première ligne » du soutien aux efforts de paix, selon les termes portés par la France au Conseil de sécurité.

Historiquement, la participation de l’Afrique du Sud aux opérations de maintien de la paix en RDC a été un pilier de son engagement continental et un symbole de la solidarité au sein de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Son départ, bien que planifié, risque de créer un vide tant symbolique que tactique. Les soldats sud-africains étaient déployés dans des zones sensibles, et leur expertise était un atout pour une mission souvent critiquée pour son manque d’efficacité et de réactivité. La réussite du calendrier de retrait et la gestion de la transition sécuritaire seront des tests cruciaux pour la coordination entre l’ONU, la RDC et les partenaires régionaux.

Au-delà des aspects logistiques, cette décision interroge sur l’évolution des relations bilatérales RDC-Afrique du Sud. Le communiqué de Pretoria insiste sur la volonté de poursuivre une coopération étroite, mais le retrait d’un tel dispositif militaire pourrait être perçu comme un désengagement. Dans le même temps, l’Afrique du Sud réaffirme son soutien aux cadres multilatéraux comme la SADC et l’Union africaine. Cette position ambiguë souligne les tensions entre les impératifs de politique intérieure – la nécessité de réaffecter des ressources militaires – et les engagements diplomatiques régionaux.

Les réactions internationales, à commencer par les remerciements du secrétaire général Guterres, semblent chercher à gérer cette annonce de manière constructive, évitant toute critique ouverte. Cependant, en coulisses, la planification opérationnelle de la MONUSCO devra être revue. La mission, autorisée à compter jusqu’à 11 500 militaires, devra trouver des moyens de maintenir sa présence et son efficacité sans ce contingent. Cette situation pourrait accélérer les discussions sur la future configuration des forces de paix en RDC, potentiellement en misant davantage sur les initiatives régionales africaines.

En définitive, le retrait de l’Afrique du Sud de la MONUSCO est bien plus qu’un simple ajustement de troupes. C’est un signal fort envoyé à la communauté internationale sur les limites et les coûts des engagements de longue durée. Pour la République démocratique du Congo, cela signifie que la voie vers la stabilisation devra de plus en plus reposer sur ses propres forces armées et sur une coopération régionale renforcée, alors que les crises dans l’Est du pays persistent. L’année 2026, date butoir du retrait et de la fin actuelle du mandat de la MONUSCO, s’annonce ainsi comme une période charnière pour l’avenir sécuritaire du pays.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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