Le bilan des violences perpétrées par les rebelles ougandais ADF dans l’Ituri ne cesse de s’alourdir. Dans la chefferie de Walese Vonkutu, au sud du territoire d’Irumu, six corps de civils, en état de décomposition très avancée, ont été découverts ce vendredi. Cette macabre trouvaille intervient dans un contexte d’insécurité chronique qui frappe cette zone frontalière, plongeant les populations dans la terreur et le deuil.
La localité de Pakanza, théâtre de cette sinistre découverte, est désormais le symbole d’une tragédie qui se répète. Des jeunes du groupement voisin de Bandavilemba se sont mobilisés pour mener des recherches à travers la brousse. Leur objectif : retrouver les disparus suite aux récentes attaques des rebelles. C’est au cours de cette opération citoyenne, empreinte de courage et de désespoir, que les dépouilles ont été localisées. L’état des corps témoigne d’une violence extrême et d’un abandon prolongé, soulevant des questions brûlantes sur l’efficacité des dispositifs de sécurité dans la région.
Piscasse Vahingania, premier vice-président du conseil local de la jeunesse de Bwanasura, a confirmé les faits avec une gravité mesurée. Deux corps ont pu être ramenés à Eringeti pour y recevoir une sépulture digne. Les quatre autres, dans un geste de pragmatisme face à l’horreur, ont dû être inhumés sur place, là où la mort les a fauchés. Cette décision douloureuse illustre les conditions précaires dans lesquelles les communautés doivent gérer les conséquences des attaques rebelles.
Le représentant des jeunes n’a pas mâché ses mots. Il a lancé un appel pressant à ses pairs pour une collaboration accrue avec les services de sécurité. La prévention est, selon lui, la clé pour éviter de nouveaux massacres de civils tués dans l’indifférence. Son plaidoyer s’est également adressé aux autorités étatiques et provinciales. Il a exigé un renforcement tangible de la protection des populations et de leurs biens, tout en enjoignant à ses concitoyens de ne pas sombrer dans le désespoir malgré la peur omniprésente.
La chefferie de Walese Vonkutu est, en effet, tristement célèbre pour être l’une des zones les plus meurtries par l’activité des groupes armés, en particulier les ADF. Ces attaques rebelles, d’une brutalité systématique, visent délibérément les civils, semant la désolation et entravant tout développement. L’absence d’une réponse militaire décisive et d’une autorité étatique forte nourrit un sentiment d’abandon chez les habitants. Combien de vies faudra-t-il encore sacrifier avant que la situation ne change ? La communauté internationale est-elle consciente de l’ampleur de la tragédie qui se joue dans l’Ituri ?
Les événements de Pakanza ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans une longue série d’incidents similaires qui font de la région un foyer d’instabilité persistant. Malgré les opérations militaires annoncées, la capacité de nuisance des ADF semble intacte dans certains secteurs reculés comme Walese Vonkutu. Cette résilience du terrorisme interroge les stratégies de contre-insurrection et la protection des civils, pourtant au cœur des discours officiels.
Face à cette insécurité, les appels se multiplient. La société civile, les chefs locaux et les simples citoyens réclament une intervention plus musclée et coordonnée. Restaurer l’autorité de l’État n’est pas seulement une question de souveraineté ; c’est une condition sine qua non pour la survie des communautés. La découverte des six corps agit comme un rappel cruel des enjeux. Elle sonne comme un réveil pour des actions concrètes et immédiates.
L’avenir immédiat de la chefferie de Walese Vonkutu reste suspendu à la capacité des forces de sécurité à reprendre le contrôle du terrain. En attendant, la population vit au rythme des alertes et des deuils. La solidarité des jeunes, comme ceux de Bandavilemba, demeure une lueur d’espoir dans cette noirceur. Leur bravoure face au danger pour rendre une dernière dignité aux victimes est un acte de résistance silencieuse contre la terreur imposée par les ADF. Le chemin vers la paix et la sécurité dans l’Ituri est encore long, mais chaque action compte.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
