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Assassinat de Désiré Malo Dra en Ituri : la société civile exige justice après un double drame

La province de l’Ituri est à nouveau secouée par un drame sécuritaire d’une extrême violence. La Coordination de la société civile de l’Ituri a confirmé, ce jeudi 5 février, l’assassinat de l’un de ses membres éminents, Désiré Malo Dra, président de la société civile de la chefferie des Bahema Badjere. Dans la même foulée, elle a révélé l’enlèvement du président de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) de Bule. Ces événements survenus à Bule Centre plongent la région dans un profond émoi et interrogent une nouvelle fois sur l’efficacité des dispositifs de sécurité en place.

Selon les déclarations officielles faites par Maître Jean-Marie Ezadri Aguekwa, porte-parole de la coordination, Désiré Malo Dra a été « lâchement abattu » dans la soirée du 4 février 2026 par des individus armés non identifiés. Le leader communautaire a été ciblé aux alentours de 20 heures, dans ce qui apparaît comme un assassinat ciblé et prémédité. Parallèlement, le président de la FEC Bule a été enlevé par des personnes également non identifiées, sa famille biologique et professionnelle n’ayant été informée que bien plus tard. Ces deux actes graves, survenus dans un court intervalle, pointent vers une détérioration alarmante de la situation à Bule.

La réaction de la société civile de l’Ituri a été immédiate et ferme. Par la voix de son coordinateur, elle a lancé un appel pressant aux acteurs de la sécurité et de la justice. La demande est claire : diligenter des enquêtes indépendantes, urgentes et transparentes pour faire toute la lumière sur ces crimes. « La SOCIT recommande aux acteurs de la sécurité et ceux de la justice de diligenter une enquête indépendante pour qu’une lumière soit faite sur cet assassinat et l’enlèvement », a insisté Jean-Marie Ezadri. La coordination en appelle également à la communauté internationale, notamment à la MONUSCO, pour qu’elle s’implique aux côtés du gouvernement congolais afin d’assurer l’aboutissement harmonieux des investigations.

Mais pourquoi de tels actes peuvent-ils encore se produire malgré la présence militaire ? La situation sécuritaire à Bule demeure en effet extrêmement précaire. La localité, bien que théoriquement sous le contrôle des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et avec la présence de la Mission des Nations Unies (MONUSCO) et des troupes ougandaises (UPDF), reste la cible d’attaques récurrentes. Les rebelles du groupe armé Convention pour la Résistance Patriotique (CRP) sont régulièrement pointés du doigt. Ces éléments continuent de mener des actions offensives dans le but avoué de reprendre le contrôle de cette zone stratégique de l’Ituri.

L’assassinat de Désiré Malo Dra n’est pas un fait isolé. Il s’inscrit dans une série d’actes de violence visant spécifiquement les leaders locaux et les acteurs de la société civile, perçus comme des piliers de la stabilité communautaire. Cette attaque directe contre la société civile de l’Ituri vise-t-elle à instiller la peur et à réduire au silence les voix qui dénoncent l’insécurité ? La question mérite d’être posée. L’enlèvement du président de la FEC Bule, quant à lui, ajoute une dimension économique au chaos, ciblant un représentant du monde des affaires dans une région où l’activité économique est déjà étouffée par la violence.

Les autorités locales et provinciales sont désormais sous pression. La crédibilité des forces de sécurité et de défense est une nouvelle fois mise à l’épreuve. La population de Bule et des environs, épuisée par des années de conflit, observe avec anxiété la réponse qui sera apportée. Les promesses de sécurisation semblent souvent se heurter à la réalité tenace de la violence des groupes armés. La présence des FARDC et de la MONUSCO à Bule suffira-t-elle à empêcher de nouveaux drames ? L’efficacité du dispositif militaire est sérieusement remise en question par ces événements récents.

En attendant le lancement des enquêtes promises, la coordination de la société civile a annoncé que le programme des obsèques de Désiré Malo Dra serait communiqué ultérieurement. La région est en deuil, mais aussi en colère. Ce double drame – l’assassinat d’un leader social et l’enlèvement d’un chef d’entreprise – agit comme un révélateur cruel des failles persistantes du système sécuritaire dans l’est de la République Démocratique du Congo. Il rappelle avec brutalité que, malgré les discours et les déploiements, la protection des civils et des acteurs locaux reste un défi majeur, loin d’être relevé. La balle est désormais dans le camp des enquêteurs et des forces de l’ordre. L’avenir immédiat de Bule et la confiance de sa population en dépendent.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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