23.1 C
Kinshasa
mercredi, février 4, 2026

Toute l'Actualité RDC, en Direct et en Détail

AccueilActualitéSociétéFoudre en Ituri : 16 élèves grièvement blessés dans une école de...

Foudre en Ituri : 16 élèves grièvement blessés dans une école de Tchabi, l’urgence des paratonnerres

Le grondement du tonnerre était encore lointain, mais la pluie a commencé à fouetter les murs de terre battue de l’école primaire de Tchabi. Pour échapper aux gouttes, des dizaines d’enfants se sont précipités sous la véranda, un espace de fortune censé les protéger. Personne n’imaginait que cet abri se transformerait en piège. En quelques secondes, un éclair aveuglant a déchiré le ciel et frappé le bâtiment avec une violence inouïe. Le chaos s’est installé, mêlant cris, fumée et corps terrassés. Seize élèves, dont onze filles et cinq garçons, ont été grièvement blessés par cette décharge électrique venue du ciel, un lundi funeste du mois de février qui a plongé toute la communauté dans l’effroi.

Comment une salle de classe peut-elle devenir un lieu de danger mortel ? Cette question hante désormais les parents de Tchabi, localité reculée du territoire d’Irumu, en Ituri. L’établissement, comme tant d’autres dans les zones rurales de la République démocratique du Congo, était pourtant un symbole d’espoir. Ce jour-là, des centaines d’élèves y poursuivaient leurs leçons, inconscients du drame qui se préparait. La foudre a frappé sans prévenir, semant la panique et laissant un cortège de blessés. L’évacuation vers la structure sanitaire la plus proche a été un parcours du combattant, révélant une fois de plus l’isolement et la précarité des infrastructures dans cette région.

L’incident à Tchabi n’est malheureusement pas un cas isolé. Il s’inscrit dans une série récurrente d’accidents foudre RDC qui endeuillent régulièrement les écoles. Robert Ndjalonga, coordonnateur provincial de la protection civile Ituri, tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. « L’année dernière, plus de cinquante élèves avaient déjà été victimes de la foudre dans cette même localité », rappelle-t-il, la voix chargée d’une frustration palpable. Son appel est clair : il est urgent d’installer des dispositifs de protection, notamment des paratonnerres, et de sensibiliser les communautés. « Les enfants ne doivent plus s’abriter sous les arbres ou dans des bâtiments non équipés pendant les orages », insiste-t-il.

Pourtant, sur le terrain, la réalité est amère. La plupart des écoles en milieu rural en Ituri sont construites en matériaux précaires – bois, terre, tôles – et sont souvent entourées d’arbres majestueux qui, en cas d’orage, deviennent de véritables conducteurs d’énergie. Ces écoles rurales manquent cruellement des moyens les plus élémentaires pour assurer la sécurité des élèves. L’absence de paratonnerre écoles rurales n’est pas une simple négligence, mais le symptôme d’un abandon plus profond. À quand une politique nationale de sécurisation des infrastructures scolaires contre les risques climatiques ?

Aujourd’hui, une vive psychose s’est emparée des élèves blessés foudre Tchabi et de leurs camarades. Les activités scolaires sont fortement perturbées. Certains enfants, encore traumatisés par l’incident, refusent catégoriquement de reprendre le chemin de l’école. Leurs parents, partagés entre la peur et le désir de voir leurs enfants s’instruire, sont dans l’expectative. Cet événement tragique pose une question fondamentale : jusqu’à quand laissera-t-on les enfants de l’Ituri, et plus largement de la RDC, exposés à de tels dangers dans des lieux qui devraient être des sanctuaires ?

L’histoire de cette foudre école Ituri est un rappel cruel des inégalités géographiques et sociales. Tandis que les zones urbaines peuvent bénéficier de bâtiments plus solides et de mesures de prévention, les campagnes vivent dans l’improvisation et la vulnérabilité. La sécurité des élèves ne devrait pourtant pas être un luxe, mais un droit fondamental. Les appels de la protection civile résonnent-ils dans le vide ? La récurrence de ces drames exige une réponse systémique, allant de l’installation de paratonnerres à la construction d’écoles plus sûres, en passant par des campagnes de sensibilisation massives.

En attendant, la communauté de Tchabi tente de panser ses plaies. Mais sans action concrète et durable, la prochaine saison des pluies pourrait apporter son lot de nouvelles tragédies. Le droit à l’éducation ne peut se concevoir sans le droit à la sécurité. Il est temps que les autorités, à tous les niveaux, prennent la mesure de l’urgence et agissent pour que plus aucun enfant ne soit frappé par la foudre dans sa propre salle de classe.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

Commenter
Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
Actualité Liée

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici


Actualité Populaire Liée

Actualité Populaire RDC

Résumé de l'actualité quotidienne

Le Brief du Jour du 04 février 2026

Ce 04 février 2026, l’actualité congolaise est marquée par un méga-accord minier à 9 milliards $, une spectaculaire attaque de l’aéroport de Kisangani par l’AFC/M23, et une crise humanitaire aiguë à Fizi. À Kitshanga, la pénurie d’eau menace la santé publique, tandis qu’un scandale judiciaire éclate à la prison de Luebo. Félix Tshisekedi parie sur l’intelligence artificielle à Dubaï pour moderniser l’État. À Beni, l’insécurité s’aggrave après une nouvelle attaque meurtrière des ADF. Retrouvez le résumé complet des sept faits majeurs de la journée dans notre Brief du Jour.

Derniers Appels D'offres

Derniers Guides Pratiques