La terreur a de nouveau frappé le Nord-Kivu. Quatre civils ont été froidement abattus et six motocyclettes réduites en cendres ce mardi 3 février lors d’une embuscade meurtrière attribuée aux rebelles des Forces Démocratiques Alliées (ADF). L’attaque s’est déroulée au village de Mulolya, situé à une dizaine de kilomètres à l’ouest d’Oicha, chef-lieu du territoire de Beni. Selon des sources sécuritaires concordantes, l’assaut a été lancé aux alentours de 8 heures locales, plongeant la région dans un nouvel épisode de violence et de deuil.
Des combattants ADF, issus de la zone de Mamove déjà frappée il y a deux jours, ont tendu une embuscade mortelle aux usagers de l’axe routier Oicha–Mulolya–Mamove. Le bilan est lourd : quatre voyageurs ont perdu la vie sur le coup et six motos, moyen de transport vital pour les populations locales, ont été incinérées. Cette attaque ciblée contre des civils désarmés soulève une question brûlante : jusqu’où l’impunité des groupes armés peut-elle aller dans l’est de la République Démocratique du Congo ?
Cette tragédie porte à neuf le nombre de civils tués dans la seule zone d’Oicha en l’espace de trois jours, illustrant une recrudescence alarmante des activités des rebelles ADF dans le Nord-Kivu. La spirale de la violence semble sans fin. Le même jour, une autre embuscade du même type a été signalée à Malibo, non loin de là. Heureusement, des cultivateurs pris pour cible ont réussi à s’échapper et à se réfugier à Oicha, évitant un bain de sang supplémentaire.
Les conséquences immédiates de cette embuscade ADF à Mulolya sont palpables. La circulation sur ce tronçon routier stratégique est désormais totalement suspendue, isolant davantage les communautés et étouffant l’économie locale. Dans un élan de solidarité tragique, de jeunes volontaires ont transporté les corps des victimes vers la morgue de l’hôpital général d’Oicha. Ces images de civils emportant leurs morts résument l’état de déliquescence sécuritaire dans lequel est plongée la région.
Le contexte sécuritaire à Beni et ses environs ne cesse de se dégrader. Depuis les attaques coordonnées survenues dimanche 1er février à Mamove, Mbingi et Vuhira, la commune rurale d’Oicha subit un afflux continu de personnes déplacées. Des familles entières fuient l’activisme meurtrier des rebelles ADF, cherchant une sécurité précaire dans des centres urbains déjà surpeuplés et sous-équipés. Cette pression humaine crée une crise humanitaire silencieuse en parallèle de la crise sécuritaire.
Face à cette situation explosive, la réponse des autorités est attendue avec une impatience mêlée d’anxiété. Le chef d’état-major adjoint en charge des opérations des Forces Armées de la RDC (FARDC) est actuellement en mission d’évaluation à Beni. Sa présence souligne la gravité de la situation, mais laisse aussi planer un doute sur l’efficacité des stratégies déployées jusqu’à présent pour neutraliser la menace ADF. Les populations, elles, exigent des actes concrets et une protection tangible.
L’embuscade de Mulolya n’est pas un incident isolé. Elle s’inscrit dans un cycle de violence endémique qui mine le Nord-Kivu depuis des années. La capacité des ADF à frapper à proximité immédiate d’un chef-lieu de territoire comme Oicha interroge sur le dispositif de sécurité et de renseignement en place. Où sont les limites de l’expansion de ces groupes rebelles ? Comment mettre fin à l’hémorragie et rendre les axes routiers de nouveau sûrs pour les civils et les commerçants ?
La sécurité à Beni et dans l’ensemble du Nord-Kivu reste un défi colossal. Les mots-clés qui définissent cette actualité – ADF attaque Beni, embuscade ADF Nord-Kivu, civils tués Mulolya – sont malheureusement trop récurrents dans les dépêches. Ils traduisent une réalité quotidienne de peur et de pertes pour des milliers de Congolais. La communauté internationale observe-t-elle, impuissante ou indifférente, tandis que des vies sont broyées dans l’indifférence générale ?
La route Oicha–Mulolya–Mamove, autrefois symbole de liaison et d’échange, est devenue un couloir de la mort. La priorité absolue demeure le rétablissement de l’autorité de l’État et la protection des civils, principe fondamental du droit international humanitaire. Les prochaines heures et les prochains jours seront décisifs. Les décisions prises à la suite de cette mission d’évaluation des FARDC détermineront si la région peut espérer un répit ou se préparer à de nouveaux deuils. L’espoir, ténu, réside dans une action militaire robuste, coordonnée et respectueuse des populations, pour enfin tourner la page sombre des embuscades meurtrières.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
