La capitale congolaise entre dans une nouvelle ère de discipline routière. Ce dimanche 1er février 2026, les autorités ont officiellement lancé la deuxième phase d’une opération de contrôle d’envergure, marquant un tournant décisif dans la gouvernance de la mobilité urbaine à Kinshasa. Sous l’impulsion du gouverneur Daniel Bumba, le dispositif entre désormais dans une logique de pérennisation, avec un message sans équivoque : la tolérance zéro est désormais la règle.
Le constat initial est sans appel. Après une première phase test jugée concluante, le passage à la vitesse supérieure s’imposait. L’insécurité routière, les embouteillages monstres et le sentiment d’impunité des conducteurs indélicats ont poussé l’exécutif provincial à durcir le ton. Comment rétablir l’autorité de l’État sur des artères souvent livrées à l’anarchie ? La réponse se déploie désormais à chaque carrefour stratégique de la ville.
Le renforcement du contrôle de la circulation à Kinshasa est d’abord quantitatif et qualitatif. Les effectifs d’agents déployés sur le terrain ont été doublés, créant une présence visible et dissuasive. Ces hommes et femmes ont reçu de nouveaux équipements, notamment des herses métalliques, les redoutées « mbasu », conçues pour neutraliser instantanément tout véhicule tentant de fuir un contrôle. Cette montée en puissance matérielle s’accompagne d’une doctrine d’action clarifiée : aucune infraction, si mineure soit-elle, ne sera négociée.
L’opération tolérance zéro à Kinshasa, comme la nomment désormais les autorités, ne se veut pas une simple campagne éphémère. Elle est conçue pour s’inscrire dans la durée, tout au long de l’année 2026, avec pour objectif affiché de modifier durablement les comportements. Le gouverneur Daniel Bumba l’a martelé lors de la remobilisation des troupes : cette mission dépasse la simple répression. Il s’agit d’un pilier essentiel d’une stratégie globale d’assainissement du secteur des transports et d’amélioration de la mobilité pour des millions de Kinois.
La sécurité routière dans la capitale RDC est au cœur des préoccupations. Les chiffres des accidents, souvent tragiques, liés à des excès de vitesse, à des véhicules en état de délabrement avancé ou à des conduites en état d’ébriété, sont un rappel cruel de l’urgence. L’action du gouverneur Daniel Bumba vise précisément ces fléaux. En ciblant la conformité au Code de la route dans son intégralité, l’opération touche à tous les maillons de l’insécurité.
Mais un tel durcissement peut-il être accepté par une population habituée à une certaine flexibilité ? Les autorités en sont conscientes. Le chef de l’exécutif provincial a insisté sur le professionnalisme et la courtoisie que doivent observer les agents. Discipline dans l’action, respect dans l’échange avec les usagers : tels sont les mantras répétés pour éviter les escalades inutiles et garantir que l’autorité s’exerce dans un cadre respectueux, même si elle est ferme.
Le véritable test de cette phase renforcée du contrôle des routes à Kinshasa sera sa constance. Les Kinois ont souvent vu des velléités de changement s’essouffler après quelques semaines. La volonté affichée aujourd’hui est de briser ce cycle. Les résultats concrets et durables sont la seule mesure du succès. La réduction visible du nombre d’accidents, la fluidification du trafic aux heures de pointe et le sentiment retrouvé de sécurité pour les piétons seront les indicateurs scrutés par tous.
Le renforcement du contrôle de la circulation à Kinshasa représente donc un pari audacieux. C’est une main tendue vers l’ordre public, mais une main ferme. L’État provincial, par la voix de son gouverneur, reprend possession de l’espace public routier. L’enjeu est de taille : faire de la voie publique un lieu de droit et de sécurité partagée, plutôt qu’un terrain de confrontation et de danger permanent. L’avenir dira si cette politique de la fermeté, menée avec professionnalisme, parviendra à inverser la tendance et à écrire une nouvelle page pour la mobilité dans la capitale congolaise.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
