Le territoire de Walungu, dans la province du Sud-Kivu, est une nouvelle fois plongé dans le deuil. Un drame d’une violence inouïe a coûté la vie à deux jeunes frères ce mercredi 21 janvier, dans le groupement de Cibanda, chefferie de Kaziba. Les victimes, âgées de seulement 16 et 9 ans, ont péri sur le coup après avoir piétiné un engin explosif alors qu’ils regagnaient leur domicile après les cours. L’explosion, survenue en plein jour, a provoqué une onde de choc dans toute la communauté locale, rappelant avec une cruelle acuité l’insécurité latente qui ronge certaines zones du pays.
Selon les informations recueillies auprès des acteurs locaux, les deux enfants étaient membres de la famille Bisengi Nakanyegere. Leur parcours quotidien, celui de millions d’élèves congolais, a viré au cauchemar en un instant. Le chemin de l’école, symbole d’avenir et d’insouciance, s’est transformé en trajet fatal. Cet accident mortel à Cibanda n’est malheureusement pas un incident isolé, mais le symptôme d’un problème plus vaste : la persistance de munitions non explosées et d’engins de guerre abandonnés, héritages meurtriers des conflits passés et présents qui secouent la région du Sud-Kivu depuis des décennies.
La société civile de Kaziba a immédiatement réagi, sonnant l’alarme. Face à cette tragédie, ses représentants lancent un appel pressant à la vigilance extrême, en particulier auprès des parents et des enfants. Les zones rurales, les sentiers et les champs peuvent recéler des dangers invisibles et mortels. Au-delà des mises en garde, la demande est claire et urgente : il faut procéder au déminage systématique des endroits jugés dangereux. Cette opération de sécurisation du territoire de Walungu est présentée comme une priorité absolue pour éviter que de nouvelles familles ne soient décimées. La chefferie de Kaziba, et plus largement le Sud-Kivu, peuvent-ils se relever sans une action concertée pour éradiquer ces vestiges de la violence ?
L’émotion est immense, mêlant douleur et colère. Comment expliquer à une communauté que ses enfants ne sont plus en sécurité sur le chemin de l’école ? L’incident survenu à Cibanda pose des questions fondamentales sur la responsabilité des autorités en matière de sécurité des civils. Les opérations de déminage, complexes et coûteuses, sont-elles suffisamment une priorité dans l’agenda des acteurs nationaux et internationaux ? La présence de tels engins explosifs dans des zones habitées représente une menace permanente qui inhibe tout développement et perpétue un climat de peur. Chaque pas en dehors des sentiers battus peut devenir un risque mortel.
Ce drame intervient dans un contexte où la région reste marquée par l’instabilité. Le Sud-Kivu, riche en ressources mais fragilisé par des années de conflits armés, voit sa population civile payer le plus lourd tribut. Les engins explosifs improvisés ou les restes d’armements conventionnels font partie du paysage sécuritaire dégradé. L’accident de ce mercredi est un rappel sinistre que la fin des combats actifs ne signifie pas le retour de la sécurité. Le travail de sécurisation post-conflit, incluant le déminage humanitaire, est un processus long et essentiel qui semble encore insuffisant face à l’ampleur des besoins.
Les deux jeunes victimes de Walungu rejoignent une liste déjà trop longue d’enfants tués ou mutilés par des engins de guerre. Leur mort absurde doit servir d’électrochoc. Elle met en lumière l’impératif de cartographier les zones à risque, de mener des campagnes de sensibilisation auprès des populations, et surtout, d’allouer les moyens nécessaires pour des opérations de neutralisation et d’enlèvement de ces objets mortels. La sécurité des territoires, comme celui de Walungu, passe par cette action concrète. En l’absence d’une réponse forte et coordonnée, combien d’autres familles de la chefferie de Kaziba devront pleurer leurs enfants ? Le déminage n’est pas une option technique, c’est une obligation humanitaire et un prérequis pour toute reconstruction durable dans le Sud-Kivu.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
