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Ituri : 100 000 déplacés et 39 civils tués dans une nouvelle flambée de violences à Djugu

Une nouvelle vague de violences secoue le territoire de Djugu, en Ituri, provoquant des déplacements massifs de population et un bilan humain alarmant. Selon le dernier rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), près de 100 000 personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers depuis le début du mois de décembre, dans une escalade des affrontements armés qui caractérise la crise sécuritaire dans cette région.

Les violences armées, concentrées dans les zones de santé de Fataki, Damas, Mangala, Bambu et Kilo, ont fait plus de 39 victimes civiles depuis le début du mois de janvier, dont au moins 15 dans les seules aires de santé de Bule et Salama. Le conflit armé en Ituri, opposant notamment des milices Lendu comme la CODECO et la FRPI, mais aussi l’armée congolaise à la milice CRP, plonge les communautés dans une terreur constante et une précarité extrême.

« On y dénombre également une quarantaine de blessés », indique le rapport d’OCHA, daté du 16 janvier 2026. Le document, s’appuyant sur des sources locales, souligne la détresse des survivants. « De nombreuses victimes peinent à accéder à des soins appropriés en raison des capacités très limitées des structures sanitaires locales, actuellement débordées. Dans l’aire de santé de Salama, la structure locale reçoit jusqu’à 100 patients par jour ».

Cette situation illustre la profonde crise humanitaire à Djugu, où les besoins médicaux dépassent largement les capacités de réponse. Les centres de santé, souvent cibles directes ou indirectes des combats, fonctionnent au ralenti, sans personnel ou équipements suffisants pour faire face à l’afflux de blessés. Comment les autorités sanitaires peuvent-elles répondre à une catastrophe d’une telle ampleur avec des moyens aussi dérisoires ?

Les affrontements continus entre groupes armés et forces gouvernementales ne font qu’aggraver le sort des populations civiles, prises en étau. Les déplacés, souvent déjà vulnérables, se retrouvent sans abri, nourriture ni eau potable, errant dans la brousse ou cherchant refuge dans des sites de fortune déjà surpeuplés. Le risque d’épidémies et de malnutrition aiguë sévère augmente de façon exponentielle dans un tel contexte.

Cette flambée de violences dans l’Ituri n’est malheureusement pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans un cycle de violence récurrent qui ravage la région depuis des années. En août dernier déjà, une attaque attribuée à la milice CODECO dans la localité de Djaimbo avait fait une dizaine de morts parmi les civils, poussant des milliers d’habitants à déserté leurs villages. La société civile locale ne cesse de tirer la sonnette d’alarme sur l’enracinement de cette violence et l’absence de solutions durables.

Face à cette tragédie, la réponse humanitaire internationale et nationale apparaît souvent insuffisante. Les acteurs sur le terrain sont confrontés à des défis logistiques majeurs, une insécurité persistante qui limite l’accès aux populations dans le besoin, et un sous-financement chronique des appels de fonds. La communauté internationale regarde-t-elle ailleurs pendant que l’Est de la RDC brûle ?

La complexité du conflit en Ituri, mêlant rivalités communautaires historiques, conflits fonciers, et activités de groupes armés aux motivations économiques et politiques, rend toute résolution extrêmement difficile. La présence de la milice CRP de Thomas Lubanga, s’ajoutant aux affrontements impliquant la CODECO et la FRPI, crée un paysage sécuritaire fragmenté et explosif où les civils paient toujours le prix fort.

À l’heure actuelle, la priorité absolue reste la protection des civils et l’accès humanitaire immédiat et sans entrave aux zones touchées par les violences à Djugu. Sans une cessation des hostilités et un engagement ferme en faveur d’un processus de paix inclusif, les déplacés de l’Ituri continueront de vivre un cauchemar sans fin, et le bilan humain ne fera que s’alourdir. L’urgence est totale pour éviter une catastrophe humanitaire encore plus grande.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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