Un soulagement attendu de longue date vient de toucher la province du Nord-Kivu. Après plusieurs mois de pénurie critique, un premier lot de médicaments essentiels contre la tuberculose a finalement été réceptionné à Goma. Cette arrivée, saluée par la coordination de lutte contre la lèpre et la tuberculose, marque-t-elle la fin d’une période anxiogène pour les patients et le personnel soignant ? Si elle représente une lueur d’espoir, la situation reste précaire face à l’ampleur des besoins.
La rupture de stocks de médicaments contre la tuberculose au Nord-Kivu a duré pratiquement toute l’année 2025, selon les responsables sanitaires. Imaginez un patient, diagnostiqué positif, se voir dire de revenir le mois prochain… si les intrants sont disponibles. Cette réalité brutale a été vécue par des centaines de personnes. Les conséquences d’une telle interruption de traitement sont graves : risque accru d’échec thérapeutique, de transmission active de la maladie dans les communautés, et surtout, apparition de souches de tuberculose résistantes aux médicaments, un défi de santé publique encore plus complexe et coûteux à combattre.
Le témoignage de Flory Kubuya, infirmier superviseur à l’hôpital général de référence de Masisi, est éloquent. « Actuellement, nous sommes en train de faire le diagnostic de la tuberculose mais nous n’avons pas les médicaments pour la prise en charge », explique-t-il. Dans cette seule zone de santé, 344 cas de tuberculose à Masisi ont été enregistrés l’année dernière, sans possibilité de traitement immédiat. Cette situation illustre l’urgence criante qui prévaut dans plusieurs régions de la province.
Fidèle Mutaka, superviseur provincial à la coordination de lutte contre la lèpre et la tuberculose, confirme l’arrivée de ce premier lot à Goma. « Nous avons connu une longue période de rupture des stocks… Vers la fin, au 4ᵉ trimestre, on a été approvisionné en petite quantité de médicaments qui ont couvert 15 % des besoins », précise-t-il. Les nouveaux médicaments reçus en janvier doivent maintenant être déballés, triés et préparés pour la distribution dans les zones de santé. Ce processus logistique est crucial pour que les traitements parviennent enfin aux patients qui en ont un besoin urgent.
Mais pourquoi une telle rupture a-t-elle eu lieu ? Sans entrer dans des détails opaques, les défis logistiques, les problèmes d’approvisionnement et peut-être de financement sont souvent pointés du doigt dans ce genre de situation. La tuberculose, maladie pourtant évitable et curable, nécessite un traitement long et rigoureux. Toute interruption compromet non seulement la santé du patient, mais aussi les efforts de contrôle de la maladie dans la région. La distribution des médicaments à Goma doit donc être une priorité absolue pour éviter une nouvelle aggravation.
Que peut-on attendre de cette nouvelle distribution ? Un premier pas, certainement. Pour les patients en attente, c’est l’espoir de pouvoir enfin commencer ou reprendre leur traitement. Pour les soignants, c’est la possibilité de faire correctement leur travail. Cependant, comme le reconnaissent les autorités, les besoins restent considérables. Le lot reçu ne couvrira pas l’ensemble des cas enregistrés, notamment dans des zones comme Masisi où le nombre de cas de tuberculose est élevé. Une vigilance continue et un approvisionnement régulier sont nécessaires pour éviter de retomber dans le cercle vicieux de la rupture.
En conclusion, l’arrivée de ces médicaments à Goma est une bonne nouvelle, mais elle ne doit pas faire oublier l’état fragile du système de santé face à la tuberculose au Nord-Kivu. La lutte contre cette maladie passe par une chaîne d’approvisionnement fiable, un diagnostic précoce et un suivi assidu des patients. Les acteurs locaux, comme la coordination de lutte contre la lèpre et la tuberculose, ont besoin d’un soutien soutenu pour mener à bien leur mission. Pour les habitants de la province, l’accès aux soins doit devenir une réalité permanente, et non une attente angoissante entre deux ruptures de stocks.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
