Beni, ville en pleine expansion démographique du Nord-Kivu, fait face à un défi majeur de sécurité routière. Pour y répondre, la Commission nationale de prévention routière (CNPR) a lancé, mardi 13 janvier, une vaste opération de recyclage obligatoire. Cette initiative cible 3000 conducteurs d’engins roulants et se déroulera sur une période de trois semaines.
La formation a un double objectif : vulgariser le nouveau code de la route et freiner la recrudescence inquiétante des accidents de circulation. Comment une ville peut-elle se développer si ses artères sont devenues des couloirs de danger ? La réponse de la CNPR est claire : par l’éducation et la responsabilisation de ceux qui tiennent le volant.
Le contexte justifie cette action urgente. Selon les statistiques officielles de la police de circulation routière, la ville de Beni a enregistré plus de 100 accidents au cours de la seule année dernière. Ce bilan dramatique a provoqué une dizaine de décès et plus d’une cinquantaine de blessés graves. Des chiffres qui soulignent l’impérieuse nécessité d’agir.
Cette session de recyclage obligatoire est donc perçue comme une bouffée d’oxygène. Pour de nombreux professionnels, comme les chauffeurs de taxi, et les propriétaires d’engins privés, elle représente une véritable opportunité de professionnalisation. Ezechiel Muhindo, l’un des conducteurs participants, a fait un aveu édifiant. Il reconnaît avoir conduit pendant des années sans maîtriser les risques réels.
« Nous utilisions les engins roulants sans connaître tous les dangers. Dans cette ville devenue très dense, on ne sait pas toujours comment se comporter », confie-t-il. Et d’ajouter : « Grâce à cette formation, nous sommes désormais en mesure de conduire selon les prescriptions de la CNPR. » Ce témoignage résume l’ambition du programme : transformer des usagers souvent autodidactes en conducteurs responsables.
L’objectif est de leur inculquer la capacité à décoder la signalisation routière, à respecter les priorités et à anticiper les dangers. Une compréhension approfondie du code de la route en RDC n’est plus une option, mais une condition sine qua non pour la survie sur les axes de Beni et du Nord-Kivu en général.
Pour la CNPR, le diagnostic est sans appel. Dieudonné Banga, coordonnateur chargé du recyclage au sein de l’institution, est catégorique. « La cause principale des accidents est l’ignorance des règles de circulation. En apprenant les lois qui régissent la route, nous sommes rassurés que le nombre d’accidents va sensiblement diminuer », explique-t-il.
Ce recyclage des conducteurs à Beni s’inscrit donc dans un impératif plus large de sécurité publique. La commission ne se contente pas de former ; elle lance un appel solennel. Tous les propriétaires d’engins roulants sont invités à s’inscrire dans cette dynamique salvatrice. La sécurité de tous les citoyens, piétons comme passagers, en dépend directement.
La réussite de cette opération pilote pourrait servir de modèle à d’autres villes de la République Démocratique du Congo confrontées à des problématiques similaires. La formation au code de la route, couplée à un recyclage obligatoire, apparaît comme l’un des leviers les plus efficaces pour inverser la courbe tragique des accidents.
L’enjeu dépasse la simple remise à niveau. Il s’agit de construire une culture collective de la sécurité routière. Chaque conducteur formé est un maillon renforcé dans une chaîne qui protège des vies. À Beni, 3000 maillons sont en train de se resserrer. Le pari est audacieux, mais l’urgence ne permet plus l’attentisme. La route vers une circulation plus sûre est longue, mais elle commence invariablement par une formation adéquate.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
