Une flambée inquiétante de choléra frappe la zone de santé de Sangé, dans le territoire d’Uvira, signalant une urgence sanitaire qui requiert une attention immédiate. Au cours de la seule première semaine de janvier 2026, plus de 240 cas ont été officiellement recensés, selon le bulletin épidémiologique local. Ce chiffre, qui pourrait n’être que la partie émergée de l’iceberg, place la région en état d’alerte et soulève des questions cruciales sur la résilience des systèmes de santé face aux maladies hydriques.
L’épicentre de cette épidémie de choléra à Uvira a été clairement identifié : l’aire de santé de Ndunda. C’est là que se concentre l’essentiel de la crise, avec 188 cas et un décès rapportés. Mais comme un feu qui gagne du terrain, la contamination ne s’arrête pas aux limites de Ndunda. Elle progresse de manière préoccupante vers les aires voisines que sont Nazareno, Sangé-État et CEPAC, menaçant de transformer un foyer localisé en une crise régionale plus large. Les zones de Kigurwe, Rusabagi et Kimuka ont déjà enregistré des cas et, plus tragiquement, des décès, portant le bilan humain de cette première semaine à plusieurs vies perdues.
Face à ces chiffres, une question s’impose : pourquoi le risque de propagation reste-t-il si élevé ? Les autorités sanitaires pointent du doigt un ensemble de facteurs qui forment un terreau idéal pour la bactérie Vibrio cholerae. Les mouvements continus de populations, souvent liés à l’insécurité ou à l’activité économique, jouent le rôle de vecteur invisible, transportant la maladie d’un point à un autre. La négligence communautaire est un autre écueil majeur ; certains décès ont été signalés avec un retard significatif, empêchant une réponse rapide et favorisant la transmission au sein des foyers.
Imaginez une famille vivant dans une promiscuité extrême, partageant un espace restreint sans accès à des installations sanitaires de base. C’est la réalité de nombreuses familles hôtes et sites d’hébergement dans la région, où le manque d’intimité et d’hygiène facilite la transmission féco-orale du choléra. Le cœur du problème réside cependant dans un accès dramatiquement limité à l’eau potable. La rivière Shange, dont l’eau est jugée impropre à la consommation, reste pourtant une source vitale pour de nombreux habitants. Boire, se laver, cuisiner avec cette eau contaminée, c’est ouvrir grand la porte à la maladie.
Que faire alors pour endiguer cette vague de cas de choléra en RDC en 2026 ? Les acteurs de santé sur le terrain, en première ligne de cette bataille, lancent un appel clair et structuré. Leur première demande est un renforcement de la surveillance épidémiologique et du système d’alerte précoce. Détecter les premiers cas, tracer les contacts, et déclencher la réponse dans les 24 à 48 heures sont des actions qui sauvent des vies et brisent les chaînes de transmission.
Ensuite, la prise en charge médicale doit être adéquate et sans délai. Cela passe par un référencement rapide des cas graves vers des centres de traitement, et nécessite un appui logistique crucial. Des motos et des ambulances sont indispensables pour contourner les retards liés à l’isolement géographique ou à la réticence initiale des familles. Car dans le choléra, la déshydratation aiguë est l’ennemi numéro un, et chaque heure perdue aggrave le pronostic.
Enfin, et c’est peut-être le pilier le plus durable, une sensibilisation accrue des communautés est impérative. Il s’agit de rappeler sans relâche les gestes barrières simples mais efficaces : le lavage des mains au savon, le traitement de l’eau de boisson par chloration ou ébullition, l’utilisation de latrines hygiéniques et la cuisson complète des aliments. Ces mesures, bien comprises et adoptées par la population, forment une barrière bien plus solide que n’importe quelle intervention externe.
La situation dans la zone de santé Sangé et particulièrement à Ndunda, l’épicentre, est un rappel brutal que le choléra reste une menace tangible en République Démocratique du Congo. Elle met en lumière le lien indissoluble entre la santé publique, l’accès à l’eau potable et l’assainissement. Combattre cette épidémie demande une réponse intégrée, alliant soins médicaux d’urgence et actions de prévention à long terme. L’engagement de tous – autorités, partenaires techniques et financiers, et communautés elles-mêmes – est la clé pour stopper la propagation et prévenir de futures crises dans la région d’Uvira et au-delà.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
