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Pluie torrentielle à Beni : les écoles dévastées, la protection civile alerte sur les risques sanitaires

Ce samedi 10 janvier 2026, une pluie torrentielle accompagnée de vents d’une rare violence a transformé l’après-midi de la ville de Beni, dans le Nord-Kivu, en une scène de désolation. Sous l’assaut des éléments, des toitures entières se sont envolées, laissant derrière elles des salles de classe béantes et des familles vulnérables. Comment une communauté peut-elle se relever lorsque le toit de ses écoles et de ses foyers est littéralement emporté ? L’image qui s’impose est celle d’une cité blessée, où l’urgence de la réhabilitation croise le spectre des risques sanitaires.

Dans la commune de Beu, les établissements scolaires ont payé un lourd tribut. À l’école primaire Mbene, cinq salles de classe ne sont plus que des coquilles vides, leurs toitures arrachées par la fureur du vent. Non loin de là, à l’école primaire Kilewe, trois salles et un bureau administratif ont subi le même sort. Des centaines d’élèves se retrouveront lundi face à des salles exposées aux intempéries, quand ils pourront retourner en classe. « L’éducation est déjà un défi dans notre région, maintenant, il faut ajouter la lutte contre les éléments », pourrait témoigner un directeur d’école, résigné. De nombreuses habitations ont également vu leurs tôles disparaître, plongeant des familles entières dans une précarité accentuée par cette tempête soudaine.

La commune de Mulekera n’a pas été épargnée. Au quartier Matonge, plusieurs poteaux électriques se sont affaissés, obstruant partiellement l’avenue Lieutenant-Général Bauma Ambamba et perturbant la circulation. Des véhicules, qu’ils soient en stationnement ou en mouvement, ont subi des dommages matériels, ajoutant au sentiment d’insécurité et de chaos. Dans les communes de Bungulu et de Rwenzori, les premières évaluations font état de maisons sérieusement touchées par les rafales. Cette intempérie, d’une intensité remarquable, a balayé l’ensemble des quatre communes de la ville, soulignant la vulnérabilité des infrastructures face aux caprices du climat.

Face à cette situation, la voix de la protection civile de Beni se fait pressante. Son coordonnateur urbain, Jean-Paul Kapitula, lance un cri d’alarme qui va bien au-delà des simples réparations. Il attire l’attention sur un danger invisible mais bien réel : la destruction des toilettes dans plusieurs écoles endommagées. Cette situation crée un terreau fertile pour la propagation de maladies hydriques et autres épidémies parmi les élèves. « Nous risquons une crise sanitaire si rien n’est fait rapidement », met-il en garde. Son appel est clair : une intervention urgente du gouvernement et de ses partenaires est nécessaire pour réhabiliter les structures éducatives et protéger la santé des enfants. Mais qui répondra à cet appel dans un contexte où les urgences se multiplient en RDC ?

Les services de la protection civile pointent du doigt une cause structurelle à l’accentuation des dégâts : le déboisement intensif des collines qui surplombent la ville de Beni. Située dans une zone de bas-fond, la ville devient de plus en plus exposée aux ruissellements et à la force des vents, faute de cette barrière naturelle que constituent les arbres. Cette catastrophe naturelle interroge donc profondément les pratiques environnementales et d’aménagement du territoire. Jusqu’où l’action humaine, par la coupe abusive du bois, aggrave-t-elle les conséquences des phénomènes climatiques ? La répétition de tels événements à Beni et ailleurs dans la province du Nord-Kivu devrait inciter à une réflexion collective sur la prévention.

Pour l’heure, un fait rassurant émerge du bilan : aucun décès ou blessé grave n’a été signalé à la suite de cette pluie torrentielle. Les équipes de la protection civile et autres services compétents poursuivent leurs opérations d’évaluation pour chiffrer l’ampleur exacte des pertes matérielles. Cependant, le calme après la tempête est trompeur. Il cache l’anxiété des parents d’élèves, la détresse des familles sans toit et l’incertitude pesant sur la reprise des cours. Les intempéries en RDC, comme celle qui a frappé Beni, ne sont pas seulement une affaire de météo ; elles sont le miroir de vulnérabilités sociales et environnementales accumulées. La réhabilitation des bâtiments est une course contre la montre, mais la vraie bataille se gagnera par des politiques durables de reboisement et de construction résiliente. L’avenir de Beni et de ses enfants en dépend.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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