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RDC : flambée des incidents humanitaires au Sud-Kivu en décembre 2025

Les chiffres sont sans appel et dessinent une courbe inquiétante. Le dernier mois de l’année 2025 a été marqué par une nette détérioration de la sécurité des acteurs humanitaires dans l’est de la République démocratique du Congo. Selon les dernières données consolidées, 48 incidents affectant le personnel et les biens humanitaires ont été recensés en décembre. Une augmentation significative par rapport aux 39 incidents enregistrés le mois précédent. Cette hausse traduit une pression accrue sur les opérations de secours dans des régions déjà extrêmement fragilisées.

La répartition géographique de ces incidents sécuritaires en RDC révèle une concentration alarmante dans la province du Sud-Kivu. À elle seule, cette région a enregistré la moitié des cas, soit 24 incidents. Le Nord-Kivu suit avec 12 événements, représentant 25% du total. L’Ituri a connu six incidents (13%), tandis que les provinces du Tanganyika et du Maniema en ont comptabilisé trois chacune (6%). Cette cartographie des incidents humanitaires en RDC souligne une évolution préoccupante de l’épicentre des tensions vers le Sud-Kivu en cette fin d’année 2025.

Le tableau annuel, quant à lui, confirme l’ampleur du phénomène. Depuis janvier 2025, un total de 626 incidents affectant les acteurs humanitaires a été signalé à l’échelle nationale. Le Nord-Kivu demeure, sur l’ensemble de l’année, la province la plus touchée avec 290 incidents, soit 46% du total national. Il est suivi par le Sud-Kivu avec 177 incidents (28%), l’Ituri avec 89 cas (14%), le Tanganyika avec 48 (8%) et le Maniema avec 22 (4%). Ces statistiques des acteurs humanitaires dressent le portrait d’un environnement opérationnel continuellement sous tension.

La comparaison entre les données de décembre et la tendance moyenne de l’année fait ressortir un basculement notable. Alors que la part du Sud-Kivu dans les incidents mensuels atteint 50% en décembre, elle n’était que de 28% en moyenne sur les douze mois. À l’inverse, la proportion d’incidents au Nord-Kivu est tombée à 25% en décembre, contre une moyenne annuelle de 46%. Ce déplacement géographique de la menace coïncide avec les récents changements de positions des lignes de front observés dans le Sud-Kivu. La mobilité des groupes armés et la reconfiguration des zones de contrôle compliquent davantage le travail des organisations humanitaires.

Quelle est la nature exacte de ces incidents qui entravent l’aide vitale à des millions de Congolais ? Les typologies recensées en décembre restent conformes aux schémas des mois précédents, mais leur fréquence interpelle. Les cambriolages, vols et intrusions dans les locaux ou entrepôts humanitaires représentent la catégorie la plus importante, avec 36% des cas. Viennent ensuite les interférences et les restrictions de mouvements, qui affectent directement la capacité des équipes à atteindre les populations dans le besoin, avec 34% des incidents. Enfin, les actes d’intimidation, les menaces directes ou les agressions physiques contre le personnel humanitaire constituent 27% des événements rapportés. Cette triade de menaces illustre une pression multidimensionnelle et continue sur les opérations.

L’augmentation des incidents humanitaires en 2025, particulièrement marquée en décembre, pose une question cruciale pour la sécurité humanitaire dans l’est du Congo. Comment assurer la protection des travailleurs humanitaires et la continuité des programmes dans un tel contexte ? La détérioration mesurée par ces chiffres n’est pas qu’une abstraction statistique. Elle se traduit par des distributions alimentaires retardées, des consultations médicales annulées et des familles privées d’abris d’urgence. Chaque incident reporté a un impact direct et souvent immédiat sur la vie des civils qui dépendent de l’assistance.

Les causes profondes de cette insécurité chronique sont multiples et interconnectées. Elles mêlent l’activisme de dizaines de groupes armés, la compétition pour le contrôle des ressources et des axes de circulation, et la criminalité ordinaire qui prospère dans un environnement de faible gouvernance. La concentration des incidents au Sud-Kivu en décembre 2025 pourrait également être liée à des opérations militaires spécifiques ou à des tensions locales exacerbées en fin d’année. Les organisations sur le terrain doivent constamment adapter leurs protocoles de sécurité, une tâche complexe et coûteuse qui grève des budgets déjà limités.

Au-delà des chiffres, l’accumulation de ces centaines d’incidents au cours de l’année érode progressivement l’espace humanitaire. Elle force parfois à des retraits temporaires du personnel, réduisant la présence et la vigilance dans les zones les plus reculées. Elle dissuade également les investissements à long terme dans des projets de relèvement et de développement, pourtant essentiels pour briser le cycle des crises. La sécurité humanitaire dans l’est du Congo n’est donc pas un enjeu accessoire, mais une condition sine qua non pour toute perspective de stabilisation.

En conclusion, le bilan de décembre 2025 et le cumul annuel des incidents sonnent comme un avertissement sérieux. Ils attestent d’une réalité tangible : l’environnement dans lequel évoluent les acteurs humanitaires en RDC reste extrêmement périlleux. La recrudescence observée au Sud-Kivu appelle à une vigilance renforcée et à une coordination accrue entre les agences d’aide, les forces de sécurité congolaises et la mission de stabilisation des Nations Unies. Alors que les besoins humanitaires ne font que croître dans la région, garantir un accès sûr et sans entrave n’a jamais été aussi impératif. La suite des événements en 2026 dépendra en grande partie de la capacité collective à inverser cette tendance inquiétante.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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