Dans un mouvement diplomatique significatif, les trois pays africains siégeant au Conseil de sécurité des Nations unies – la République démocratique du Congo, la Somalie et le Libéria – ont conjointement fait entendre leur voix sur la scène internationale concernant la tournure des événements au Venezuela. Lundi, par la voix de l’ambassadeur libérien Lewis G. Brown II, le groupe dit « A3 » a exprimé une « profonde préoccupation » quant à l’évolution de la situation dans la République bolivarienne, plaidant pour le dialogue et le strict respect des principes de souveraineté et de droit international. Cette prise de position, alignée sur un récent communiqué de l’Union africaine, intervient à un moment critique et illustre le rôle croissant des pays africains à l’ONU dans la gestion des crises globales.
La déclaration commune Venezuela ONU, lue devant le Conseil de sécurité ONU, fait spécifiquement référence à des informations alarmantes faisant état de la détention présumée du président Nicolás Maduro et de son épouse, ainsi qu’à des incidents touchant des institutions nationales. Pour les représentants africains, de tels développements ne sont pas anodins ; ils représentent « de sérieux défis à la stabilité interne du Venezuela et à la paix et la sécurité de la région ». Cette analyse souligne la crainte d’une contagion de l’instabilité, une perspective que les nations africaines, souvent confrontées à des fragilités politiques, comprennent particulièrement bien.
Quels sont les fondements de cette position africaine ? Les A3 ont réaffirmé avec force leur attachement aux principes intangibles de la Charte des Nations unies. Ils insistent sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, tout en mettant en avant l’impérieuse nécessité du dialogue, du règlement pacifique des différends et du respect des cadres constitutionnels. Cette posture équilibrée, défendant à la fois l’inviolabilité des frontières et la solution inclusive, est emblématique d’une approche diplomatique africaine pragmatique. La RDC diplomatie Venezuela trouve ici une expression claire, alignant la parole de Kinshasa sur celle de ses pairs continentaux dans l’arène onusienne.
Le cœur de l’argument des pays africains réside dans la conviction qu’une résolution de la crise Venezuela A3 ne peut être qu’endogène. « Une solution durable et pacifique ne peut être trouvée que par un dialogue entre Vénézuéliens », stipule la déclaration, tout en reconnaissant le rôle d’un soutien constructif de la communauté internationale. Cette vision privilégie une réponse « globale, inclusive et menée au niveau national », rejetant implicitement toute solution imposée de l’extérieur qui ignorerait les aspirations du peuple vénézuélien. Cette prise de position résonne fortement avec les expériences historiques de nombreux États africains, soucieux de voir leurs propres trajectoires politiques respectées.
En exprimant leur solidarité avec le peuple vénézuélien et en appelant toutes les parties à la retenue, les A3 ne se contentent pas d’un simple commentaire. Ils se positionnent comme des acteurs prêts à soutenir activement, au sein du Conseil de sécurité et en coordination avec les partenaires régionaux, tout effort visant une résolution pacifique. Cette initiative démontre-t-elle une maturité diplomatique nouvelle pour le continent au sein du principal organe de sécurité mondiale ? Elle témoigne en tout cas d’une volonté de peser sur les dossiers internationaux au-delà des frontières africaines, en s’appuyant sur des principes communs et une expérience partagée des transitions complexes.
L’implication des pays africains dans ce dossier sud-américain n’est pas fortuite. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large où les États du Sud global cherchent à promouvoir un multilatéralisme respectueux des spécificités nationales, en opposition à des approches parfois perçues comme interventionnistes. Pour la République démocratique du Congo, membre non permanent du Conseil, cette prise de parole est aussi l’occasion d’affirmer son profil international et son adhésion à une ligne diplomatique cohérente, centrée sur la paix et la souveraineté. Les implications de cette déclaration pour la crise Venezuela restent à observer, mais elle envoie un signal clair : la voix africaine compte et plaide pour la modération et le dialogue, des principes dont la valeur universelle est plus que jamais nécessaire.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
