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Kolwezi : deux policiers condamnés pour le meurtre du docteur Emmanuel Nawej en cachot

Le tribunal de grande instance de Kolwezi, dans la province du Lualaba, a rendu un verdict attendu dans l’affaire du décès du docteur Emmanuel Dibu Nawej, survenu dans un cachot de la police. Deux agents de la Police nationale congolaise (PNC) ont été reconnus coupables et condamnés à des peines de servitude pénale principale, mettant un point final à plusieurs semaines d’audiences publiques marquées par une vive émotion. Ce jugement, intervenu près de cinq mois après les faits, est perçu comme un signal fort dans la lutte contre les abus au sein des forces de l’ordre en République Démocratique du Congo.

Benathar Christian Mwisange et Virginie Mujinga Kadima, les deux prévenus condamnés, écopent respectivement de vingt-quatre et de douze mois de servitude pénale principale. La cour a également ordonné leur condamnation solidaire au paiement de dommages-intérêts d’un montant équivalent à vingt-cinq mille dollars américains, à verser à la famille de la victime. Cette décision financière vise à réparer, autant que faire se peut, le préjudice subi par les ayants droit du défunt. Parallèlement, les magistrats ont ordonné la levée de la conservation du corps et son inhumation, mettant fin à une attente douloureuse de près de deux mois pour la famille.

L’affaire avait mobilisé l’opinion publique à Kolwezi dès le mois de novembre dernier. Le docteur Emmanuel Nawej était décédé dans la nuit du 9 au 10 novembre dans un cachot du Centre de coordination des opérations, peu après son interpellation à la suite d’un incident de circulation mineur. Son véhicule aurait frôlé, de manière involontaire, celui d’un officier devant un supermarché. La soudaineté de son décès et les conditions obscures l’entourant avaient immédiatement suscité l’indignation et les interrogations. Arthur Kabulo, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), avait été parmi les premiers à qualifier les circonstances de « suspectes » et à réclamer une enquête approfondie et transparente.

Le procès, qui a examiné les charges d’atteinte aux droits et libertés des particuliers et de torture, a finalement mis en lumière les responsabilités individuelles. Sur les cinq individus initialement poursuivis – quatre policiers et un civil –, seuls les deux agents précités ont été retenus comme responsables directs. Les trois autres accusés, faute de preuves suffisantes les reliant de manière certaine aux actes ayant conduit au décès, ont bénéficié d’un acquittement. Cette distinction dans le verdict illustre la complexité de l’instruction et la nécessité pour la justice de s’appuyer sur des éléments tangibles, même dans des affaires aussi chargées émotionnellement.

La réaction de la communauté médicale avait été un élément marquant de cette affaire. Dès le 11 novembre, des dizaines de médecins avaient manifesté dans les artères de Kolwezi, brandissant leurs blouses blanches en signe de protestation et exigeant que lumière soit faite sur ce qui ressemblait à un acte de barbarie. Leur mobilisation, relayée par les organisations de défense des droits de l’homme, a sans aucun doute contribué à la célérité et à la publicité données à cette procédure judiciaire. La question qui se pose désormais est celle de l’application effective des peines et de la prévention de tels drames à l’avenir.

Cette condamnation de policiers à Kolwezi intervient dans un contexte national où les appels à réformer la police et à garantir le respect des droits fondamentaux se multiplient. Les observateurs voient dans ce verdict du tribunal du Lualaba un précédent important. Envoyera-t-il un message dissuasif à tous les agents tentés par un usage excessif de la force ou par des pratiques illégales de détention ? L’efficacité de la justice congolaise dans le traitement des affaires impliquant ses propres forces de sécurité est souvent scrutée, car elle est perçue comme un baromètre de l’État de droit.

Avec la clôture de ce procès, la famille du docteur Nawej espère tourner une page, bien que la douleur de la perte demeure. La décision de justice, avec sa composante punitive et réparatrice, constitue une forme de reconnaissance officielle du tort subi. Les autorités provinciales et nationales sont maintenant attendues sur les mesures d’accompagnement, qu’il s’agisse du suivi de l’exécution des peines ou de réformes structurelles pour sécuriser les lieux de garde à vue. L’affaire du meurtre du docteur Emmanuel Nawej restera dans les annales judiciaires du Lualaba comme un cas test pour la justice congolaise face aux violations des droits de l’homme.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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