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Réunion urgence Défense Grands Lacs : Ultime tentative face à l’échec des diplomaties ?

Une réunion d’urgence des ministres de la Défense et des chefs d’état-major des pays de la région des Grands Lacs s’ouvre à Lusaka, en Zambie. Convoquée sous l’égide de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), cette session à huis clos du 8 au 10 janvier vise à forger une réponse sécuritaire commune face à l’escalade dramatique du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo. La situation sur le terrain, marquée par l’offensive du mouvement rebelle M23, a créé une crise humanitaire aiguë et fait craindre une expansion régionale du conflit.

Les douze États membres de l’organisation sont attendus autour de la table. L’objectif affiché est clair : coordonner une position régionale et examiner des mécanismes concrets pour stabiliser l’est congolais. Pourtant, cette initiative s’inscrit dans une longue litanie de tentatives diplomatiques et militaires régionales qui ont, jusqu’à présent, échoué à ramener une paix durable. La CIRGL, créée il y a plus de deux décennies, peine en effet à imposer son autorité face aux intérêts profondément divergents de ses membres. La question se pose : cette nouvelle réunion parviendra-t-elle à briser le cycle des échecs ?

Le contexte est particulièrement tendu. L’offensive du M23, que Kinshasa et les rapports d’experts de l’ONU lient au Rwanda, a remporté des gains territoriaux significatifs. Cette avancée rebelle a non seulement déplacé des centaines de milliers de civils, mais elle a aussi considérablement accru les risques d’une confrontation directe entre la RDC et son voisin rwandais. La réunion de Lusaka a donc pour mandat urgent de trouver des pistes de désescalade militaire. Cependant, le scepticisme demeure élevé quant à la capacité des parties à s’entendre sur un cadre contraignant.

La tenue de ce sommet en Zambie est un signal fort. Le président Hakainde Hichilema, qui assure la présidence tournante de la CIRGL, cherche à redynamiser une organisation en perte de crédibilité. Son pays, moins historiquement impliqué dans les conflits congolais que d’autres membres, est perçu comme un facilitateur potentiellement plus neutre. Cette neutralité est à la fois un atout et une faiblesse : elle peut favoriser le dialogue, mais elle pourrait aussi limiter le pouvoir de pression de la présidence sur les acteurs les plus influents de la crise, dont Kigali et Kampala.

En arrière-plan des discussions plane l’épineux dossier des interventions militaires régionales passées et futures. L’échec retentissant de la mission régionale de la Communauté d’Afrique de l’Est (EACRF), dont le mandat n’a pas été renouvelé par les autorités congolaises, sert de rappel cuisant des défis opérationnels et politiques. La réunion des ministres de la Défense devra inévitablement se pencher sur l’architecture sécuritaire à mettre en place. Quel dispositif pourrait être accepté par toutes les parties, dans une région où la méfiance est érigée en principe de relations internationales ?

Les observateurs régionaux s’interrogent sur l’issue de cette ultime tentative. Produira-t-elle autre chose que des déclarations de principe et des communiqués consensuels ? L’enjeu est de taille. Un échec à Lusaka risquerait d’entériner la marginalisation des cadres de dialogue multilatéraux comme la CIRGL. Cela pourrait accélérer le recours à des options purement militaires unilatérales ou le renforcement des partenariats avec des acteurs extérieurs, comme la force de la SADC attendue en RDC. La crédibilité future de tout le mécanisme régional de sécurité des Grands Lacs semble se jouer dans la capitale zambienne.

Alors que les délégations s’apprêtent à se rencontrer, les populations de l’est de la RDC, prises au piège des combats, attendent des actes concrets. Les réponses militaires et sécuritaires évoquées à Lusaka auront-elles un impact tangible sur leur sécurité quotidienne ? La capacité de la région à surmonter ses divisions pour apporter une stabilité durable reste l’inconnue majeure de cette réunion d’urgence. La communauté internationale observe, attendant de voir si les dirigeants de la CIRGL peuvent enfin traduire leurs engagements en actions coordonnées et efficaces pour pacifier l’une des zones les plus instables du continent.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net

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