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Kalemie, cible prioritaire après Uvira : l’armée en alerte face à l’avancée rwandaise

Après la chute du verrou stratégique d’Uvira, la ville de Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika, est désormais sous les projecteurs. Cette localité, considérée comme un poumon économique et un carrefour vital, se retrouve en première ligne du conflit Est RDC. La récente visite du Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Guy Kabombo Muadiamvita, accompagné du chef d’état-major général adjoint des FARDC, le lieutenant-général Ishaligonza Nduru Jacques, en témoigne. Leur mission ? Évaluer les infrastructures militaires et préparer la réponse à une menace grandissante.

Le gouvernement congolais a, en effet, lancé une alerte sérieuse. Dans un communiqué signé par son porte-parole, Patrick Muyaya, Kinshasa dénonce l’arrivée de trois nouveaux bataillons de l’armée rwandaise. Leur objectif supposé ? Progresser vers les territoires de Fizi, au Sud-Kivu, et surtout vers Kalemie stratégique. Cette avancée planifiée constituerait, selon les autorités, une agression manifeste contre la souveraineté nationale et une violation grave du droit international. Comment contenir cette offensive rebelle Sud-Kivu qui semble vouloir gagner du terrain vers l’ouest ?

La situation est d’autant plus critique que Kalemie est le cœur de la 22ᵉ région militaire, une zone couvrant également le Haut-Katanga, le Haut-Lomami et le Lualaba. Sa position géographique en fait un rempart essentiel pour la sécurité Tanganyika et l’ensemble du sud-est du pays. La visite du ministre de la Défense a donc été l’occasion d’une réunion stratégique à huis clos au siège du 22ᵉ groupement de la Force navale, suivie d’une inspection des installations logistiques et de maintenance des FARDC. Ces mouvements traduisent une préparation active à un scénario de défense.

Parallèlement, le commandant de la 22ᵉ région militaire, le général Eddy Kapend, a mis en alerte toutes ses unités. Lors d’une parade à Lubumbashi, il a martelé le devoir de sacrifice des militaires pour la survie de la nation. « J’ai rappelé à chacun l’engagement pris : sacrifier notre vie pour la survie de la patrie. En tant que commandant, je serai toujours au-devant, au front. Aucun officier ni militaire n’a le droit de fuir », a-t-il déclaré. Ce discours martial vise à galvaniser des troupes face à la pression de la rébéllion M23 Rwanda et de ses alliés présumés.

Le gouvernement accuse en effet Kigali de dissimuler ses troupes sous le couvert du groupe Twirwaneho dans les hauts plateaux d’Uvira, de Fizi et de Mwenga. Une manœuvre, selon Kinshasa, destinée à masquer les responsabilités et à faciliter une descente vers Fizi avant une poussée sur l’axe stratégique de Kalemie. Cette escalade se produit dans un contexte diplomatique au point mort. Les discussions de Doha entre le gouvernement et l’AFC/M23, pourtant censées compléter les accords de Washington, peinent à produire des résultats concrets.

Plusieurs mesures convenues depuis avril dernier n’ont toujours pas été mises en œuvre. Cette inertie a, de l’avis de nombreux observateurs, favorisé la reprise des combats. Le dialogue national, réclamé par plusieurs acteurs pour apaiser les tensions, n’est toujours pas convoqué. Le président Félix Tshisekedi maintient sa position : toute initiative doit émaner de son autorité. Dans l’intervalle, la situation sur le terrain se dégrade. Les populations civiles sont exposées à des violences massives, selon les termes mêmes du gouvernement.

La province du Tanganyika, relativement épargnée jusqu’ici par les combats directs, se prépare donc au pire. Kalemie incarne désormais l’enjeu immédiat de la stabilisation de l’Est. La chute d’Uvira a déplacé le centre de gravité de la crise. Les FARDC et leur commandement local sont sur le qui-vive, ordre leur ayant été donné de répondre à toute provocation. La région du Katanga dans son ensemble est en état de vigilance renforcée. La communauté internationale, bien qu’impliquée via les processus de Washington et de Doha, semble impuissante à enrayer la dynamique guerrière.

Les prochains jours seront décisifs. L’avancée des forces rwandaises, si elle est confirmée, pourrait provoquer un embrasement généralisé dans une zone riche en ressources et cruciale pour l’économie nationale. La défense de Kalemie n’est pas seulement une question militaire ; c’est un symbole de la capacité de l’État à protéger son intégrité territoriale face à une agression extérieure. Le pays retient son souffle, attendant de voir si le verrou de Kalemie tiendra, ou s’il cédera à son tour, ouvrant la voie à une nouvelle phase, encore plus dramatique, du conflit Est RDC.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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