Une opération humanitaire cruciale a été menée par la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo. Ce samedi 27 décembre 2025, les Casques bleus de la MONUSCO ont procédé à une évacuation médicale d’urgence pour douze civils grièvement blessés. Le site de l’intervention, le village de Bayoo, situé dans le territoire de Djugu à environ 95 kilomètres de Bunia, est le théâtre de violents affrontements récurrents.
Selon les informations confirmées par la Mission onusienne, ces combats opposent le groupe armé dénommé Convention pour la Révolution Populaire (CRP) aux Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). La confrontation armée, d’une intensité particulière, a une fois de plus fait des victimes collatérales parmi la population civile, piégée dans ce conflit qui n’en finit pas de ravager l’Ituri.
Sur place, une équipe médicale a d’abord dispensé des premiers soins aux victimes. La situation était critique, avec de nombreuses femmes et enfants parmi les blessés, certains touchés par des projectiles d’arme à feu. Face à l’urgence et à la limitation des moyens locaux, la décision d’une évacuation vers une structure mieux équipée s’est imposée. Avec l’appui décisif du contingent népalais de la MONUSCO, les blessés ont pu être transférés vers la localité de Fataki, où ils ont pu recevoir des traitements adaptés à la gravité de leurs blessures.
Le colonel Charles Idjiwa, porte-parole militaire de la MONUSCO, a tenu à souligner l’engagement inébranlable de la Mission dans son mandat de protection des populations civiles. « Notre action s’inscrit dans un contexte sécuritaire extrêmement difficile dans cette contrée », a-t-il déclaré, mettant en lumière les défis quotidiens auxquels font face les Casques bleus. Il a précisé que cette intervention rapide avait permis de sauver des vies, s’inscrivant ainsi dans les efforts continus d’assistance médicale et de protection des civils en RDC.
Le porte-parole a également fourni des précisions sur l’activité récente de la MONUSCO dans la zone. « Ces derniers jours, la Mission a multiplié les interventions de premiers secours et d’évacuation, en coordination étroite avec les leaders communautaires locaux », a-t-il expliqué. Cette synergie avec les acteurs locaux est-elle la clé d’une réponse humanitaire plus efficace ? Grâce à ce mécanisme, plusieurs civils ont pu être conduits à la base de Bayoo pour recevoir une aide vitale. D’autres, dans l’incapacité de regagner leur domicile en raison de l’insécurité persistante, restent sous la protection directe de la Mission onusienne, illustrant la vulnérabilité chronique des communautés.
Parallèlement à cette opération d’urgence, la MONUSCO poursuit ses actions de stabilisation à plus long terme. Dès le 26 décembre, soit la veille de l’évacuation médicale, les Casques bleus ont mené des rencontres stratégiques avec les responsables des camps de déplacés de Lodha et Djaiba, toujours dans le territoire de Djugu. L’objectif de ces échanges était clair : renforcer le partage d’informations sécuritaires et améliorer la protection des populations déplacées, souvent livrées à elles-mêmes.
Dans une démarche concrète d’amélioration des conditions de vie, la Mission de l’ONU a achevé l’installation de lampadaires solaires dans ces camps. Cette initiative, qui peut paraître anodine, revêt une importance capitale pour la sécurité des déplacés. Un éclairage public fonctionnel permet de dissuader les actes de violence nocturnes, de sécuriser les déplacements et de restaurer un sentiment de normalité dans des environnements précaires. Cette action s’inscrit dans une logique plus large de prévention et de création d’un environnement protecteur pour des civils doublement victimes : du conflit et de la dépossession.
L’évacuation médicale de Bayoo pose une question fondamentale : jusqu’à quand les civils de l’Ituri devront-ils dépendre de l’intervention extérieure pour leur survie immédiate ? Elle met en lumière l’incapacité persistante à instaurer une sécurité durable permettant aux structures de santé locales de fonctionner et aux populations de vivre à l’abri de la violence. Les affrontements entre le CRP et les FARDC illustrent la complexité de la mosaïque conflictuelle en Ituri, où groupes armés locaux et forces gouvernementales s’affrontent dans un cycle de violence qui semble sans fin.
Cette opération d’évacuation médicale en RDC, menée avec efficacité, reste cependant un pansement sur une plaie béante. Elle témoigne du professionnalisme et du dévouement des contingents onusiens, comme le contingent népalais ici impliqué, mais elle rappelle aussi l’urgence d’une solution politique et sécuritaire globale pour la province. La protection des civils, au cœur du mandat de la MONUSCO en Ituri, passe tant par des réponses d’urgence que par des efforts soutenus de stabilisation, de désarmement et de restauration de l’autorité de l’État. Le chemin vers la paix semble encore long pour les habitants de Djugu, qui, aujourd’hui, doivent leur survie à la rapidité d’intervention d’une force internationale appelée à se retirer.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
