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Ituri : Des détenus de Bunia accèdent enfin à des soins vitaux grâce à la MONUSCO

Dans l’univers clos et souvent oublié de la prison centrale de Bunia, en Ituri, un rayon de lumière humanitaire a percé. Près de 150 détenus, parmi lesquels des femmes et des enfants, ont pu bénéficier de consultations et de soins médicaux gratuits, une opération vitale orchestrée par l’équipe médicale du contingent marocain de la MONUSCO action humanitaire Ituri. Cette initiative, réalisée en étroite collaboration avec l’unité d’appui à l’administration pénitentiaire de la mission onusienne, va bien au-delà d’une simple visite. Elle jette une lumière crue sur l’état de la santé des détenus en RDC et constitue une bouffée d’oxygène dans un environnement où la maladie guette à chaque coin de cellule.

Comment peut-on parler de dignité humaine lorsque l’accès aux soins de base relève du miracle ? Cette question, souvent éludée, trouve un écho particulier dans les conditions carcérales de Bunia. L’équipe médicale sur place a diagnostiqué un panorama de pathologies qui en disent long sur le quotidien des pensionnaires. Chez les femmes, les infections urinaires et gynécologiques sont monnaie courante. Les enfants, eux, sont fréquemment atteints de gastrites, une inflammation de la paroi de l’estomac souvent liée au stress et à une alimentation inadaptée. Les hommes n’ont pas été épargnés, avec plusieurs cas de hernie diagnostiqués. Deux situations, jugées trop graves pour être traitées sur place, ont nécessité un transfert urgent vers l’Hôpital général de référence de Bunia, mettant en lumière le manque criant de structures médicales au sein de l’établissement.

Mais le tableau le plus révélateur est sans doute la prévalence alarmante de mycoses, ces infections fongiques de la peau. Pour le commun des mortels, une mycose peut sembler bénigne. Mais dans le contexte de surpopulation et de conditions carcérales déplorables, elle devient un problème de santé publique majeur. Imaginez une petite infection cutanée qui, dans un environnement confiné où les douches sont rares et le linge difficile à laver, se propage comme une traînée de poudre. C’est exactement le scénario décrit par les médecins, qui pointent du doigt la promiscuité et les mauvaises pratiques d’hygiène comme des multiplicateurs de risques. Ces champignons profitent de la chaleur, de l’humidité et du manque d’hygiène pour coloniser la peau, provoquant démangeaisons, lésions et un inconfort permanent qui mine le moral des détenus.

Face à ce constat, l’action du contingent marocain de la MONUSCO a été double : soigner et éduquer. Outre les consultations personnalisées, un don massif de médicaments essentiels a été remis aux autorités pénitentiaires. Ce stock, d’une valeur inestimable, permettra de prendre en charge près de deux mille détenus pendant deux mois, selon les estimations du directeur de la prison, Camille Zonzi. Des antalgiques pour les douleurs dentaires – comme pour ce détenu qui a exprimé son immense soulagement – aux antifongiques pour combattre les mycoses, en passant par les traitements pour les gastrites et les infections, cette pharmacie de fortune est une véritable ligne de vie. Parallèlement, une séance de sensibilisation aux bonnes pratiques d’hygiène a été organisée. Un geste aussi simple que se laver régulièrement les mains avec du savon peut, en effet, briser la chaîne de transmission de nombreuses infections et améliorer notablement le bien-être collectif.

Que nous apprend cette intervention humanitaire ciblée ? Elle agit comme un scanner révélant les failles structurelles du système pénitentiaire congolais en matière de santé. Elle montre que la santé des détenus n’est pas un luxe, mais un droit fondamental et un enjeu de santé publique. Une infection non traitée en prison ne reste pas entre les murs de la cellule ; elle peut ressortir avec l’individu à sa libération et contribuer à la propagation de maladies dans la communauté. L’action de la MONUSCO et de son contingent marocain est donc cruciale, mais elle ne peut être qu’un palliatif. La vraie guérison passe par un investissement durable des autorités congolaises pour améliorer les infrastructures sanitaires dans les prisons, garantir un approvisionnement régulier en eau potable, et former le personnel aux bases de l’hygiène et de la prévention. La dignité des détenus de Bunia, et de tous les autres en RDC, en dépend.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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