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Kananga en alerte : un ravin géant dévore la RN41 et la voie ferrée

Un monstre de terre s’éveille à Kananga, grignotant jour après jour les fondations de la ville. Dans la commune de Lukonga, au quartier Mabondo, un ravin aux dimensions inquiétantes avance inexorablement, menaçant d’engloutir deux artères vitales : la voie ferrée et la route nationale 41 (RN41). Cette fracture ouverte dans le sol, qui semblait pourtant sous contrôle, reprend sa course folle depuis l’arrêt, il y a six mois, des travaux antiérosifs du Projet d’urgence et de résilience urbaine de Kananga (PURUK). À chaque averse, le péril grandit, mettant en péril des vies, des biens et l’économie toute entière de la région.

Les chiffres sont sans appel : le gouffre n’est plus qu’à deux mètres de la ligne de chemin de fer. Une distance dérisoire face à l’appétit d’une érosion aussi active. Comment en est-on arrivé là ? L’arrêt des travaux, même temporaire, a offert une fenêtre de tir à ce phénomène géologique destructeur. Les pluies, fréquentes et souvent diluviennes dans la région, sont devenues les complices de cette catastrophe en devenir. Elles lavent, fragilisent et emportent les terres, élargissant chaque jour un peu plus cette blessure terrestre.

Derrière les statistiques et les rapports techniques, ce sont des familles entières qui vivent au bord du précipice. « À chaque tombée de pluie, le ravin s’agrandit. Il est déjà à deux mètres de la voie ferrée et risque de couper le chemin de fer et la nationale N°41 », alerte Luteke Kabongo, habitant du quartier Mabondo. Son témoignage, simple et direct, résume l’angoisse d’une communauté. L’urgence n’est plus un concept abstrait discuté dans les bureaux ; elle est palpable, audible dans le grondement de la terre qui cède et visible dans la peur inscrite sur les visages.

Martine Tshiela, mère de huit enfants, incarne cette vulnérabilité. Sa maison, son refuge, est devenue une prison anxieuse. « Avec les pluies abondantes, ma maison risque de tomber dans le ravin. Nous invitons les autorités à intervenir rapidement pour nous épargner ce danger », lance-t-elle. Son appel est un cri du cœur qui résonne bien au-delà de son jardin. Il pose une question fondamentale : jusqu’où faudra-t-il que le danger s’approche pour qu’une réponse à la hauteur se manifeste ? La menace n’est pas seulement locale ; elle est systémique. Une coupure de la RN41 et de la voie ferrée menacée paralyserait les échanges commerciaux et le transport des personnes, asphyxiant une région déjà confrontée à de multiples défis.

Face à cette urgence, quelle est la réponse des responsables ? Solange Mwindja Aminata, spécialiste en communication du PURUK, apporte un éclairage et une lueur d’espoir. Elle précise que les travaux déjà réalisés étaient de nature conservatoire, une première barrière face au ravin. Surtout, elle annonce la reprise imminente des opérations de grande envergure. L’entreprise chinoise China First, selon ses dires, est actuellement en phase d’installation de sa base opérationnelle. Cette information est cruciale, mais elle se heurte au scepticisme d’une population qui voit le danger avancer plus vite que les procédures administratives.

La situation à Kananga est un microcosme des défis environnementaux et infrastructurels qui secouent la République Démocratique du Congo. L’érosion à Kananga n’est pas un incident isolé, mais le symptôme d’une vulnérabilité plus large face aux aléas climatiques et à la gestion des sols. Les travaux antiérosifs ne sont pas un luxe, mais une nécessité absolue pour sécuriser les vies et les biens publics. Chaque jour d’attente creuse un peu plus le fossé – littéralement – entre les promesses et la réalité vécue par les citoyens.

La population, elle, ne baisse pas les bras. Son appel aux autorités politico-administratives est unanime et pressant : une intervention urgente est requise pour éviter le pire. Il ne s’agit plus seulement de réparer une route ou de consolider une voie ferrée ; il s’agit de prévenir une catastrophe humaine et logistique aux conséquences incalculables. Le temps presse, et les prochaines pluies pourraient bien sceller le destin de ce bout de territoire si rien n’est fait. L’histoire de ce ravin de Kananga doit devenir un exemple de réactivité et de résilience, et non une nouvelle page tragique dans les annales des désastres évitables. La balle est désormais dans le camp des décideurs. Vont-ils écouter la détresse de Basongila avant qu’il ne soit trop tard ?

Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net

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Miché Mikito
Miché Mikito
Né au bord du majestueux fleuve Congo, à Kisangani, Miché Mikito vous propose une couverture sportive dynamique et un éclairage unique sur les enjeux environnementaux. Passionné de sport, il suit de près les compétitions locales et internationales tout en restant très attentif à la préservation des richesses naturelles du Congo. Miché est votre guide pour tout ce qui concerne le sport et l’environnement.
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