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Démolitions à Kinshasa : la colère monte au quartier Djalo près du stade des Martyrs

Les bulldozers se préparent à frapper, et avec eux, l’angoisse monte dans le quartier Djalo, ce modeste recoin de Kinshasa situé dans l’ombre du prestigieux stade des Martyrs. « Ils nous donnent 48 heures pour tout quitter, comme si nous étions des clandestins sur notre propre terre ! », s’indigne Jean-Baptiste, résident depuis quinze ans, les mains tremblantes brandissant un épais dossier de documents officiels. Dans cette partie de la commune de Kinshasa, l’annonce brutale de démolitions imminentes par le ministère provincial des Infrastructures, Travaux publics, Urbanisme et Habitat a transformé le quotidien en cauchemar.

Comment en est-on arrivé à cette situation de crise où des familles entières se retrouvent menacées d’expulsion sans consultation préalable ? La raison invoquée par les autorités semble technique : les habitations seraient construites sur le collecteur qui longe le stade des Martyrs, entravant ainsi l’évacuation des eaux. Mais sur le terrain, les riverains contestent farouchement cette version. « Nos maisons ne sont pas sur l’ouvrage d’évacuation, nous sommes prêts à le prouver ! », affirme Marie-Louise, mère de quatre enfants, devant sa modeste maison en parpaings.

La colère des habitants de ce quartier Djalo ne se limite pas à contester l’emplacement supposé de leurs habitations. Ce qui révolte profondément cette communauté, c’est le mépris apparent pour leurs droits fonciers. Plusieurs résidents exhibent des titres de propriété délivrés légalement par le ministère de l’Urbanisme et Habitat, ainsi que des certificats d’enregistrement des Affaires foncières. « Nous avons tout fait dans les règles, nous avons payé des taxes, suivi les procédures, et aujourd’hui on veut tout détruire sans même une enquête sérieuse », déplore Pascal, la voix chargée d’amertume.

Ce conflit foncier à Kinshasa soulève des questions fondamentales sur la gouvernance urbaine et le respect des droits des citoyens. Comment expliquer que des propriétés dûment enregistrées puissent être menacées de destruction sans procédure contradictoire ? La situation du quartier Djalo illustre-t-elle les dérives d’une administration qui fonctionnerait en silos, où un ministère ignorerait les actes posés par un autre ?

Face à cette impasse, les habitants se mobilisent et lancent un appel solennel au gouverneur Daniel Bumba. Leur demande est claire : la mise en place d’une commission d’enchête indépendante capable d’établir la vérité sur la légalité des constructions avant toute opération de démolition. « Nous ne sommes pas contre le développement de la ville, mais qu’on commence par vérifier qui est en tort. Nous avons des documents ! », insiste un porte-parole des résidents.

Les démolitions annoncées à Kinshasa dans le quartier Djalo posent également la question du devenir des familles concernées. Où iront-elles une fois leurs maisons rasées ? Quel accompagnement social est prévu pour ces citoyens qui, pour beaucoup, ont investi toutes leurs économies dans leur logement ? Ces interrogations restent sans réponse, alors que l’échéance des 48 heures approche dangereusement.

Cette affaire dépasse le simple cadre d’un différend technique sur la localisation d’un collecteur d’eaux. Elle met en lumière les tensions croissantes autour de la question foncière en République Démocratique du Congo, où les certitudes administratives peuvent voler en éclats du jour au lendemain. Les habitants protestent contre ce qu’ils perçoivent comme une injustice flagrante, un déni de leurs droits les plus élémentaires à la propriété et à un logement décent.

Alors que Radio Okapi n’a pas réussi à obtenir la réaction du ministre provincial des Infrastructures, l’opacité entourant cette décision alimente les suspicions. Les démolitions à Kinshasa dans le secteur du stade des Martyrs deviendront-elles un nouveau chapitre dans les conflits fonciers qui secouent régulièrement la capitale ? La balle est désormais dans le camp des autorités, qui doivent choisir entre la force brute et le dialogue respectueux des droits des citoyens.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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