Le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, paie un lourd tribut aux affrontements persistants entre les rebelles de l’AFC/M23, les FARDC et les miliciens wazalendo. Médecins Sans Frontières (MSF) révèle avoir pris en charge plus de 1200 personnes blessées lors de ces combats au cours des six premiers mois de 2025. Cette chiffre macabre représente une augmentation de 5% par rapport à la même période en 2024, confirmant une détérioration alarmante de la situation sécuritaire dans cette région déjà meurtrie.
Comment ces violences se traduisent-elles concrètement pour les civils? Les données médicales collectées par MSF dressent un tableau sans équivoque : 47% des blessures sont causées par des armes à feu, tandis que 38% résultent d’armes blanches. Cette répartition témoigne de la nature brutale des combats qui se déroulent souvent à proximité immédiate des habitations, exposant les populations civiles à un danger permanent.
Face à cette escalade de la violence, MSF lance un appel solennel au respect du droit international humanitaire. L’organisation rappelle que les structures médicales qu’elle appuie subissent de plein fouet les conséquences de ces conflits. « Nous observons un afflux effréné de malades ainsi que des civils déplacés qui prennent d’assaut les hôpitaux pour s’y réfugier avec leurs bagages », déplore un responsable de MSF. Ces établissements de santé, normalement dédiés aux soins médicaux, se transforment ainsi en abris de fortune, compromettant leur capacité à remplir leur mission première.
Une accalmie relative observée ces derniers jours permet toutefois à MSF d’évaluer l’impact humanitaire global de ces combats. Cette trêve précaire offre une fenêtre d’opportunité pour identifier les besoins les plus urgents de la population de Masisi, déjà éprouvée par des années de conflits cycliques. L’organisation prépare une réponse adaptée à une crise qui dépasse le seul cadre médical pour englober l’accès à l’eau, à la nourriture et à un abri sécurisé.
La situation dans le Nord-Kivu illustre tragiquement les conséquences des combats sur les civils, premières victimes de conflits qui les dépassent. Avec 1200 blessés en six mois, le territoire de Masisi connaît une crise humanitaire dont l’ampleur nécessite une mobilisation internationale accrue. MSF, en première ligne, continue de prodiguer des soins essentiels tout en plaidant pour la protection des civils et du personnel médical.
Quelles solutions durables pour mettre fin à cette spirale de violence? La question reste entière, mais une chose est certaine : sans un engagement renforcé de toutes les parties prenantes, le cycle infernal des violences et des déplacements massifs de population risque de se perpétuer, avec son cortège de souffrances et de destructions.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
