Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a confirmé ce vendredi 29 août le rapatriement de plus de 650 réfugiés rwandais depuis la province du Nord-Kivu en République démocratique du Congo. Cette opération humanitaire significative intervient dans un contexte régional complexe où les mouvements de population restent une préoccupation majeure pour les acteurs internationaux.
Filippo Grandi, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, s’est rendu personnellement dans le village de Kimoka, situé à environ 30 kilomètres de Goma, près de Sake. Cette visite de terrain lui a permis de constater les conditions de vie des familles rwandaises qui ont choisi de regagner volontairement leur pays d’origine dès le mois de février dernier. Comment ces retours volontaires s’organisent-ils concrètement dans une région aussi volatile ?
Le cadre tripartite établi entre la RDC, le Rwanda et le HCR constitue le mécanisme institutionnel permettant d’encadrer ces mouvements de population. « S’il y a des Rwandais qui vivent au Congo et qui disent ‘on veut rentrer chez nous’, c’est leur décision. Ils peuvent nous demander les informations, on va les aider », a déclaré Filippo Grandi lors de son déplacement. Cette approche respectueuse de la volonté des réfugiés représente-t-elle un modèle pour d’autres situations de crise dans la région des Grands Lacs ?
Les opérations de rapatriement se sont déroulées en deux phases distinctes : 533 personnes ont été rapatriées initialement, suivies par 125 autres dans un second mouvement. Le HCR a assuré un suivi post-rapatriement, confirmant que « les personnes qui sont arrivées au Rwanda sont déjà parties dans leurs communes, et c’est très positif ». Cette réintégration réussie constitue un signal encourageant pour les futurs programmes de retour volontaire.
Cependant, Filippo Grandi a tempéré cet optimisme en rappelant que la stabilisation de l’Est de la RDC demeure une condition indispensable pour encourager le retour des réfugiés congolais et des déplacés internes. « Pour ceux qui doivent rentrer ici au Nord-Kivu ou au Sud-Kivu, il faut que la stabilisation avance pour que les gens soient encouragés à rentrer ». Cette déclaration souligne les défis persistants de sécurité et de gouvernance dans la région.
La crise des réfugiés dans les Grands Lacs africains reste l’une des plus complexes au monde, avec des mouvements transfrontaliers influencés par des décennies de tensions politiques et de conflits armés. Le rapatriement de ces réfugiés rwandais pourrait-il ouvrir la voie à une normalisation progressive des relations entre la RDC et le Rwanda ? Seul l’avenir nous le dira, mais cette initiative du HCR représente incontestablement une avancée significative dans la gestion humanitaire régionale.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net