La ville de Bukavu au Sud-Kivu fait face à une crise sanitaire sans précédent qui menace directement la santé de ses habitants. Plusieurs installations sanitaires de la cité déversent impunément leurs eaux usées dans les cours d’eau, transformant des rivières vitales en véritables égouts à ciel ouvert. Comment en sommes-nous arrivés à une telle situation et quels sont les risques réels pour les populations ?
Dans la commune de Bagira, le constat est particulièrement alarmant. De nombreux ménages, souvent dépourvus de toilettes adéquates, évacuent directement leurs matières fécales dans les rivières Chula et Mugaba. Ces cours d’eau, autrefois sources de vie, sont devenus des vecteurs de maladies potentiellement mortelles. La population, faute d’alternatives, continue pourtant de puiser cette eau contaminée pour ses besoins domestiques.
Le scénario se répète dans la commune de Kadutu où le collecteur Gahuwa dégage une puanteur insupportable. Les témoignages recueillis sur place sont unanimes : il est impossible de rester plus de trente secondes à proximité sans être incommodé par les effluves nauséabondes. Cette fosse septique à ciel ouvert représente un danger permanent pour les riverains, particulièrement les enfants qui jouent à proximité.
Même la commune d’Ibanda n’est pas épargnée. La rivière Ruzizi, cours d’eau vital pour la région, subit les assauts de tuyauteries directement connectées aux toilettes des habitations. Cette pollution systématique aggrave une situation déjà précaire et compromet les efforts d’assainissement dans le Sud-Kivu.
Face à cette urgence sanitaire, la Nouvelle Dynamique de la Société Civile tire la sonnette d’alarme. Wilfried Habamungu, porte-parole provincial de l’organisation, insiste sur la nécessité de mesures coercitives : « Nous exhortons les familles à mettre fin immédiatement à ces pratiques qui mettent en danger toute la communauté. La sensibilisation doit s’accompagner de sanctions pour ceux qui persistent à polluer nos rivières. »
Les risques pour la santé publique sont considérables. Les maladies hydriques comme le choléra, la typhoïde et les diarrhées aiguës trouvent dans ces eaux polluées un terrain de propagation idéal. Les populations les plus vulnérables – enfants, personnes âgées et immunodéprimées – paient le plus lourd tribut à cette crise de l’assainissement à Bukavu.
Que faire face à cette situation critique ? La solution passe par une action concertée des autorités locales, des organisations de la société civile et des habitants eux-mêmes. L’installation de systèmes d’assainissement appropriés, la construction de latrines écologiques et la mise en place de stations d’épuration représentent des investissements urgents pour sauver les cours d’eau de Bukavu.
La pollution des eaux usées à Bukavu n’est pas une fatalité. Elle appelle une réponse immédiate et coordonnée pour protéger la santé des populations et préserver l’environnement. Chaque jour passé sans action concrète aggrave l’exposition aux maladies hydriques et compromet l’avenir sanitaire de toute une région.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net