Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont déclenché une vague d’opérations militaires ciblées contre la milice Convention pour la révolution populaire (CRP) dans la région du lac Albert. Dimanche 4 mai, des frappes aériennes ont pulvérisé les bastions de ce groupe armé dirigé par Thomas Lubanga, ancien chef de guerre condamné par la Cour pénale internationale. Une réponse musclée suite à l’attaque de leurs positions à Nyamamba, épicentre des violences récurrentes dans le territoire de Djugu.
Depuis un mois, la tension sécuritaire atteint un seuil critique dans cette zone lacustre. Les localités de Nyamamba, Café et Datule subissent des assauts répétés attribués à la CRP. Des attaques éclairs qui semaient la terreur jusqu’à la contre-offensive décisive des forces gouvernementales ce week-end. Soutenus par des hélicoptères de combat, les militaires ont riposté avec une précision chirurgicale, selon les déclarations du lieutenant Jules Ngongo, porte-parole des FARDC en Ituri.
Les bombardements auraient causé d’importantes pertes humaines dans les rangs adverses. Des armes de guerre et des stocks de munitions ont été saisis lors de ces opérations. « Leurs éléments sont en débandade. Nous poursuivrons le démantèlement jusqu’à la neutralisation totale », a martelé l’officier, insistant sur le caractère inexorable de cette traque.
À 60 km de Bunia, le centre commercial de Tchomia a vibré au son des détonations d’armes lourdes en soirée. Une cacophonie martiale qui a glacé d’effroi des centaines de civils, rappelant la vulnérabilité des populations face à cette guerre asymétrique. Comment survivre lorsque le grondement des hélicoptères se mêle au crépitement des kalachnikovs ?
Le gouvernement provincial lance un ultimatum aux miliciens : déposer les armes ou faire face à une éradication totale. Un appel au dialogue qui contraste avec l’escalade militaire, mais traduit l’urgence de stabiliser l’Ituri. Dans les camps de pêche, la psychose reste palpable. Les habitants vivent en alerte permanente, suspendus à la menace d’une nouvelle attaque.
Cette offensive marque-t-elle un tournant décisif contre la CRP ? Si les FARDC affichent une détermination sans faille, les observateurs s’interrogent sur la capacité réelle de cette milice à résister à une pression militaire accrue. Une certitude émerge : le lac Albert devient le théâtre d’un bras de fer dont l’issue pourrait redessiner les équilibres sécuritaires de toute la province.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
