Une proposition de résolution européenne déposée par des députés du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale française vient relancer le débat sur le rôle de la communauté internationale dans le conflit qui secoue l’est de la République démocratique du Congo. Ce texte, enregistré le 28 mars 2025, appelle à un soutien accru à la souveraineté congolaise face à l’offensive du Mouvement du 23 mars (M23), tout en demandant des sanctions contre le Rwanda pour son soutien présumé à ce groupe armé.
Les mesures proposées sont sans équivoque : embargo total sur les exportations de minerais stratégiques (coltan, étain, tungstène) en provenance du Rwanda, suspension des accords économiques et de défense avec Kigali, ainsi que gel de l’aide budgétaire directe et de l’assistance militaire européenne au pays dirigé par Paul Kagame. Ces propositions interviennent dans un contexte où les tensions entre la RDC et le Rwanda atteignent un niveau critique, avec des accusations répétées de Kinshasa sur l’implication directe de Kigali dans le conflit.
Le texte ne se limite pas aux sanctions. Il plaide également pour un soutien accru aux Forces armées de la RDC (FARDC), la mise en place de couloirs humanitaires pour les populations civiles déplacées – un enjeu crucial dans cette région où les déplacements massifs de population sont monnaie courante – et un appui aux enquêtes de la Cour pénale internationale sur les crimes commis dans l’est du Congo. Les auteurs de la résolution condamnent fermement ce qu’ils qualifient de “violation du cessez-le-feu”, pointant du doigt les prises de villes comme Goma et Bukavu par les rebelles, les massacres de civils, les violences sexuelles et l’usage d’enfants soldats.
La résolution va plus loin en accusant directement les “forces rwandaises” de complicité avec le M23, une accusation qui, si elle n’est pas nouvelle, prend ici une dimension officielle à travers une proposition parlementaire française. Les députés à l’origine du texte jugent “inacceptable” l’attitude du gouvernement rwandais et appellent la France à “agir avec lucidité et responsabilité”, en référence aux liens historiques qui unissent Paris à la région des Grands Lacs.
Cette initiative politique intervient alors que le conflit dans l’est de la RDC aurait fait, selon les autorités congolaises, plus de 7 000 morts depuis janvier 2025. Les députés dénoncent “l’inaction des grandes puissances” face à une crise humanitaire qui s’aggrave de jour en jour, et appellent à “mettre fin à la complaisance” envers Kigali. Le texte souligne que “le peuple congolais se sent abandonné” par la communauté internationale, une perception qui pourrait influencer les relations diplomatiques dans la région à moyen terme.
Cette proposition de résolution, bien que symbolique dans un premier temps, pourrait marquer un tournant dans la position française et européenne sur le dossier congolais. Elle intervient à un moment où la pression internationale sur le Rwanda semble s’intensifier, avec des rapports d’experts des Nations unies corroborant les accusations congolaises. Reste à savoir si cette initiative trouvera un écho au sein de la majorité gouvernementale française et des instances européennes, souvent divisées sur la question des Grands Lacs.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
