Dans le territoire de Kambove, au Haut-Katanga, une série de tragédies met en lumière la recrudescence alarmante des actes de justice populaire, entraînant la mort de citoyens innocents sur la base de simples rumeurs. La vice-présidente de l’Assemblée provinciale, Liliane Komba, a publiquement fustigé ces pratiques, lors d’une déclaration rapportée mardi, appelant à une intervention ferme des autorités judiciaires pour décourager définitivement ces violences collectives. Ces faits soulèvent des interrogations pressantes sur l’état de la sécurité et le respect des droits fondamentaux dans la région.
Les incidents, décrits avec une gravité mesurée, illustrent une dérive inquiétante. Récemment, une femme enceinte a été lapidée en pleine journée par une foule déchaînée, après avoir été accusée, sans preuve, d’avoir bousculé des hommes et porté atteinte à leur intégrité physique. Cette scène de lynchage, qui s’est soldée par un décès, a été précédée par d’autres cas similaires. Il y a une semaine, un jeune homme a été tué à Mwadingusha. Quelques semaines auparavant, un père de famille a été extrait de son domicile sous les yeux de son épouse, puis poignardé, sous l’accusation fallacieuse de pratiquer la sorcellerie. Ces événements, selon l’élue, sont devenus récurrents à Kambove, créant un climat de peur et d’impunité.
« Il est inacceptable, il est inadmissible de mettre fin à la vie de personnes innocentes dans de telles circonstances. Tout le monde est en danger, parce que la foule n’a pas d’âme », a souligné Liliane Komba, dans un propos relayé par les médias. Son intervention vise à alerter l’opinion publique et les instances compétentes sur la gravité de cette situation. Elle appelle notamment les femmes à se mobiliser « comme un seul homme » pour réclamer justice pour les victimes et leurs familles, affirmant que « trop c’est trop » face à ces morts injustifiées. Cette mobilisation citoyenne est présentée comme un complément nécessaire à l’action des tribunaux.
D’un point de vue judiciaire, ces actes de violence foule Haut-Katanga constituent des infractions pénales graves, relevant du meurtre ou de l’assassinat, et devraient donner lieu à des enquêtes approfondies et des poursuites. La lenteur ou l’absence de réaction des autorités pourrait être perçue comme une forme de tolérance, encourageant la perpétuation de ces pratiques. Liliane Komba insiste sur la nécessité de punir ces actes « avec toute la célérité requise » afin d’y mettre un terme définitif. Cette demande rejoint les préoccupations de nombreux observateurs sur l’efficacité de la chaîne pénale dans la région.
Le phénomène de justice populaire RDC n’est pas isolé à Kambove, mais il prend ici une ampleur particulière, mettant en exergue les défaillances du système judiciaire et les croyances populaires qui peuvent conduire à des extrémités violentes. Comment une communauté en arrive-t-elle à se faire justice elle-même, au mépris des procédures légales ? La réponse réside souvent dans un sentiment d’abandon ou de défiance envers les institutions. Pourtant, comme le rappelle l’élue, ces actes tuent des innocents, brisent des familles et érodent le tissu social.
La position de Liliane Komba justice, en tant que figure politique locale, donne un écho important à cette cause. Son plaidoyer pour une action judiciaire ferme vise à restaurer la confiance dans les mécanismes étatiques de résolution des conflits. Il est crucial que les parquets locaux ouvrent des investigations sur chaque cas de morts innocentes Kambove, identifient les responsables au sein des foules et les traduisent en justice. Seule une réponse pénale visible et dissuasive peut enrayer ce cycle de violence.
En conclusion, la dénonciation portée par la vice-présidente de l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga met en lumière un problème de sécurité publique majeur. Les prochaines étapes dépendront de la capacité des autorités judiciaires à réagir promptement et efficacement. La mobilisation sociale, notamment des femmes, pourrait exercer une pression supplémentaire pour que justice soit rendue. La situation à Kambove sert de rappel brutal sur les dangers de la justice populaire Haut-Katanga et la nécessité impérieuse de protéger le droit à la vie et à un procès équitable pour tous les citoyens, loin des rumeurs et des passions collectives.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
