AccueilActualitéJusticeDisparitions forcées à Kinshasa : le CNC dans le viseur de HRW

Disparitions forcées à Kinshasa : le CNC dans le viseur de HRW

Dans un communiqué rendu public ce 11 mars 2026, l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch a levé le voile sur une série de disparitions forcées survenues à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. Selon les investigations menées par l’ONG de défense des droits humains, au moins dix-sept personnes auraient été victimes de ces pratiques illégales depuis mars 2025, certaines ayant été retrouvées des mois plus tard en détention dans des installations reliées au Conseil national de cyberdéfense (CNC).

Les arrestations, décrites comme arbitraires, auraient été conduites par des agents de sécurité, parfois en pleine nuit et sans présentation de mandat judiciaire, violant ainsi les procédures légales. Des témoins directs rapportent que des individus interpellés ont été embarqués, les yeux bandés, vers différents centres de détention clandestins, notamment au sein de locaux de l’Office national des transports (ONATRA) ou encore dans l’enceinte du Stade des Martyrs. Ces méthodes, caractéristiques des disparitions forcées, soulèvent des questions pressantes quant au respect des droits fondamentaux en RDC.

Les interrogatoires subis par les détenus porteraient, d’après les témoignages recueillis, sur de présumés liens avec la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23), active dans l’est du pays, ou avec l’entourage de l’ancien président Joseph Kabila. D’autres personnes auraient été ciblées en raison de leurs prises de position critiques à l’égard du gouvernement actuel. Cette instrumentalisation des services de sécurité à des fins politiques pourrait-elle expliquer la dérive autoritaire observée ? La frontière entre la lutte contre la cybercriminalité et la répression des dissidents semble s’être considérablement estompée.

Face à ces allégations graves, Human Rights Watch exhorte les autorités congolaises à clarifier sans délai le sort et le lieu de détention de toutes les personnes portées disparues, à garantir l’accès des détenus à leurs familles et à leurs conseils juridiques, et à ouvrir une enquête indépendante sur les activités du Conseil national de cyberdéfense. Créé par décret présidentiel en 2023 par le président Félix Tshisekedi, le CNC avait pour mission initiale de coordonner la lutte contre la cybercriminalité. Cependant, son implication présumée dans des arrestations et des détentions illégales de civils marque un détournement inquiétant de son mandat, dans un contexte de tensions politiques et sécuritaires exacerbées par le conflit dans les provinces orientales.

Les disparitions forcées documentées par Human Rights Watch à Kinshasa s’inscrivent dans un modèle plus large de violations des droits humains en République démocratique du Congo. L’absence de transparence et de reddition de comptes des organismes de sécurité alimente un climat de peur et d’impunité. Comment les institutions judiciaires congolaises comptent-elles réagir à ces accusations portées par une organisation internationale crédible ? La réponse des autorités, à ce jour, reste attendue.

La situation requiert une action urgente pour mettre fin à ces pratiques illégales. Le respect des engagements internationaux de la RDC en matière de droits de l’homme est en jeu, de même que la crédibilité de l’État de droit. Les prochaines semaines seront cruciales pour observer si des investigations sont diligentées et si les recommandations de Human Rights Watch sont suivies d’effets concrets. En attendant, les familles des disparus continuent de vivre dans l’angoisse, sans nouvelles de leurs proches, dans une attente insupportable que seule la vérité pourra apaiser.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net

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