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Walikale : une femme sur cinq perd son bébé à la naissance, selon MSF

Dans la région de Walikale, au cœur du Nord-Kivu, une réalité sombre se dessine dans les salles de maternité : depuis mars 2025, sur cinq femmes qui parviennent à accoucher à l’hôpital, au moins une voit son nouveau-né décéder à la naissance. Ce chiffre, révélé par les superviseurs de la zone de santé, illustre l’ampleur d’une crise silencieuse qui frappe les mères et leurs enfants. Comment en est-on arrivé là, dans une zone où pourtant, des organisations comme Médecins Sans Frontières (MSF) déploient des efforts considérables ?

L’action de MSF en 2025 dans le domaine de la santé maternelle à Walikale a été massive. L’organisation a permis la réalisation de 3 690 accouchements sécurisés dans les structures qu’elle appuie. Un travail essentiel dans un contexte où l’accès aux soins obstétricaux est souvent un parcours du combattant. Parallèlement, face à la malnutrition infantile qui gangrène la région, MSF a offert un soutien nutritionnel à 2 741 enfants. Ces interventions sont des bouées de sauvetage dans un océan de besoins, mais elles se heurtent à des défis logistiques majeurs, comme l’état déplorable des routes qui entrave l’acheminement de l’aide et l’accès des populations aux centres de santé.

Malgré ces efforts, les urgences sanitaires à Walikale se multiplient. Le mois de mai 2025 a été particulièrement tragique avec le décès de 34 enfants à l’hôpital général de référence. Ces jeunes vies emportées rappellent la vulnérabilité extrême des enfants dans cette zone. Pourtant, les équipes médicales font face avec un courage remarquable, prenant en charge des cas complexes comme des naissances triples, notamment au poste de santé de Miriki en août 2025. Ces succès isolés ne doivent pas masquer une tendance inquiétante : depuis le deuxième trimestre 2025, les structures de la zone de santé de Walikale enregistrent fréquemment des cas de mortalité infantile et de naissances prématurées.

Mais quelle est la racine de cette hécatombe ? La situation décrite par MSF en juillet 2025, lorsqu’elle a tiré la sonnette d’alarme, offre des éléments de réponse. La hausse de la mortalité infantile à l’hôpital de Walikale est directement liée à la dégradation du contexte humanitaire. Une flambée des violences armées et des déplacements massifs de populations a créé une tempête parfaite. Les familles, chassées de leurs foyers, voient leur accès aux soins de base se réduire comme peau de chagrin. La malnutrition aiguë, véritable fléau pour les enfants du Nord-Kivu, est souvent la porte d’entrée vers des complications fatales. Un enfant affaibli par la faim est beaucoup plus susceptible de succomber à une infection banale ou à une maladie évitable.

La pression sur le système de santé est immense. L’hôpital général de référence de Walikale a vu ses admissions augmenter de 6,7 % au premier semestre 2025 par rapport à la même période en 2024. Beaucoup d’enfants arrivent dans un état critique, après un parcours semé d’embûches. Imaginez une mère devant parcourir des kilomètres sur des routes impraticables avec un enfant en détresse respiratoire. Le temps perdu est souvent du temps volé à la vie. Cette surcharge met à rude épreuve des ressources humaines et matérielles déjà limitées, compromettant la qualité des soins pour tous.

Face à ce tableau alarmant, que peut-on faire ? La première étape est de reconnaître l’urgence. Les actions curatives de MSF, bien que vitales, ne suffiront pas à elles seules à enrayer la mortalité infantile en RDC, particulièrement dans des zones reculées comme Walikale. Une approche intégrée est nécessaire. Elle doit combiner un renforcement durable du système de santé local, incluant la formation du personnel et l’approvisionnement régulier en médicaments, à des programmes de prévention de la malnutrition et à la promotion de la santé maternelle. La sécurité des civils et l’accès humanitaire sans entrave sont des prérequis absolus. Chaque acteur, des autorités congolaises à la communauté internationale, doit prendre sa part de responsabilité pour protéger les plus vulnérables.

Le travail de MSF dans le Nord-Kivu en 2025 est un rappel cruel que derrière les statistiques de mortalité infantile se cachent des drames humains innombrables. Mais c’est aussi un message d’espoir : chaque accouchement sécurisé, chaque enfant traité pour malnutrition est une victoire. Pourtant, tant que les causes profondes – conflits, pauvreté, insécurité alimentaire – ne seront pas abordées, ces victoires resteront fragiles. La santé des mères et des enfants à Walikale n’est pas une fatalité ; elle est le reflet de nos choix collectifs en matière de solidarité et de priorité sanitaire.

Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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