Le suspense reste entier dans les couloirs du football congolais. Alors que les élections tant attendues à la tête de la Fédération Congolaise de Football Association (Fécofa) pointent à l’horizon du 11 avril, le paysage électoral connaît un rebondissement majeur. Si la date semble désormais gravée dans le marbre, contrastant avec le report des scrutins des ligues nationales, la course à la présidence, elle, vient de s’enflammer avec l’entrée en scène d’un poids lourd du football continental.
À un mois du coup d’envoi de ce scrutin crucial pour l’avenir du ballon rond en République Démocratique du Congo, un seul nom était officiellement sur la table : celui d’Aziz Makukula. Mais l’actualité a été secouée par une révélation de taille. Selon des sources bien informées au sein de l’écosystème footballistique, Veron Mosengo Omba, l’actuel secrétaire général de la Confédération Africaine de Football (CAF), prépare sérieusement sa candidature pour le poste de président de la Fécofa.
Cette ambition ne serait pas le fruit du hasard. Nos informations indiquent que l’homme a reçu des soutiens substantiels, y compris, selon certaines rumeurs insistantes, des encouragements venant de très hautes sphères de l’État, jusqu’à la présidence de la République. Cette démarche s’expliquerait également par un tournant dans sa carrière au sein de la CAF, où une enquête interne semble avoir précipité sa réflexion sur un retour aux sources. Le fauteuil de la Fécofa deviendrait ainsi un nouvel objectif stratégique pour ce cadre expérimenté.
Cependant, l’annonce de cette candidature potentielle ne fait pas l’unanimité et soulève immédiatement une question brûlante : celle de la nationalité. La loi fondamentale de la Fécofa est claire : la présidence est réservée exclusivement aux citoyens congolais. Or, Veron Mosengo Omba est également détenteur du passeport suisse. Un obstacle de taille ? Pas selon ses soutiens, qui affirment que l’intéressé aurait récemment renoncé à sa nationalité helvétique. Une preuve formelle devra être apportée devant la Commission Électorale lors du dépôt de son dossier.
Mais cette version est farouchement contestée. Un ancien dirigeant du football congolais, sous couvert d’anonymat, assène un démenti cinglant. Il affirme que Mosengo Omba continue de percevoir sa pension de retraite… de l’État suisse. Un argument qui, s’il s’avérait exact, mettrait un sérieux coup d’arrêt à ses ambitions et alimenterait un débat déjà houleux sur l’éligibilité des binationaux à de hautes fonctions sportives nationales.
Ce scrutin se déroule sous la surveillance étroite du Comité de Normalisation (Conor) mené par Belinda Lutandila. Ce comité, mis en place par la FIFA en avril 2023 pour une mission initiale de sept mois, voit son mandat prolongé à plusieurs reprises, preuve de la complexité du processus. Sa mission cardinale : assurer la tenue d’élections transparentes et apaisées. La route a été semée d’embûches, avec un premier calendrier électoral avorté en novembre 2023 suite à des contestations de ligues nationales, obligeant la CAF à intervenir et à reprendre le processus à zéro.
Alors, à quoi doit-on s’attendre pour ces élections Fécofa 2024 ? Veron Mosengo Omba parviendra-t-il à convaincre la commission électorale de la régularité de sa situation ? Sa stature internationale sera-t-elle un atout pour redynamiser le football congolais ou un handicap face à des candidats locaux mieux ancrés dans les réalités du terrain ? Les semaines à venir seront décisives. Elles détermineront non seulement le visage du futur président de la Fécofa, mais aussi la capacité de l’institution à tourner la page des crises et à se projeter sereinement vers l’avenir. Le match pour la gouvernance du football congolais est plus que jamais lancé, et chaque passe, chaque décision, compte désormais.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: Actualite.cd
