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Nord-Kivu : plus de 200 civils exécutés, 200 000 déplacés en trois mois

Un silence assourdissant, puis des coups de feu. Le cycle infernal se répète, inexorable, dans les hautes terres du Nord-Kivu. Un rapport accablant de l’organisation non gouvernementale Badilika, publié ce lundi 2 mars, vient jeter une lumière crue sur une réalité de plus en plus insoutenable. L’état des lieux est sombre, teinté de sang et de terreur. Selon les investigations menées sur le terrain, plus de 200 civils ont été froidement exécutés au cours des récentes violences armées qui déchirent la province. Comment en est-on arrivé là ? Qui protègera ces populations laissées pour compte ?

Derrière ce bilan macabre se profile une crise humanitaire d’une ampleur catastrophique. Près de 200 000 personnes, chassées de leurs foyers, ont rejoint les rangs des déplacés internes en l’espace de trois mois seulement. L’afflux principal s’observe dans le territoire de Masisi, désormais en proie à une surpopulation dramatique. Les camps de fortune débordent, les infrastructures de santé sont submergées, et les convois d’aide peinent à franchir les axes verrouillés par les combats. La crise humanitaire en RDC atteint ici un nouveau paroxysme.

La responsabilité de ce chaos est partagée, selon le rapport de l’ONG Badilika, par une myriade de groupes armés qui se disputent le territoire. Les rebelles de l’AFC/M23, les Forces démocratiques alliées (ADF), les FDLR et divers groupes d’autodéfense dits « Wazalendo » sont pointés du doigt. Chaque entité impose son diktat dans un secteur précis, créant une véritable cartographie de la terreur. La province est ainsi découpée en fiefs où règne la loi du plus fort.

Le territoire de Lubero, notamment le secteur des Bapere, subit de plein fouet les incursions sanguinaires attribuées aux ADF. Ces attaques, souvent nocturnes, visent délibérément les civils. Plus au sud, le long de l’axe stratégique Kanyabayonga–Goma, les populations vivent sous l’emprise du M23. L’ONG dénonce des attaques systématiques et des pillages ciblés, une stratégie de la terre brûlée qui vise à asphyxier les communautés.

En périphérie de Butembo, la menace revêt un visage plus économique mais tout aussi paralysant. Les éléments des groupes « Wazalendo » ont instauré un système de racket. Les agriculteurs sont contraints de payer des taxes illégales, oscillant entre 5 000 et 20 000 francs congolais, simplement pour accéder à leurs propres champs. Cette pratique anéantit la subsistance des familles et aggrave l’insécurité alimentaire.

Le rapport de Badilika lève également le voile sur des méthodes d’une brutalité inouïe. Dans les zones contrôlées par l’AFC/M23, l’enrôlement de force est devenu une pratique courante. Des civils, parfois des adolescents, seraient enlevés pour suivre des formations militaires accélérées dans des bastions comme Tshanzu ou Runyoni. Ces cas de recrutements forcés bafouent toutes les conventions internationales. Le tableau est encore plus noir lorsque l’ONG évoque des décès dans des lieux de détention de fortune, où les conditions de captivité sont inhumaines. Le droit international humanitaire est piétiné au quotidien.

« Nous espérons que justice sera rendue pour toutes ces violations. Les parties au conflit doivent impérativement respecter le droit international humanitaire », a martelé Manuvo Nguka Patrick, chargé de communication de l’ONG Badilika. Son appel résonne comme un cri d’alarme lancé à la communauté internationale et au gouvernement congolais. L’heure n’est plus aux simples constats, mais à l’action. Le renforcement de la protection des civils et l’ouverture de poursuites judiciaires contre les auteurs de crimes de guerre s’imposent comme une nécessité absolue. Les violences au Nord-Kivu ne peuvent plus rester impunies.

À Masisi, l’urgence est totale. Avec 200 000 nouveaux déplacés, la situation dépasse les capacités de réponse. Les organisations humanitaires tirent la sonnette d’alarme : sans un accès sécurisé et un financement massif, une catastrophe est à craindre. Les familles survivent dans une précarité extrême, sous la menace constante des groupes armés. Le conflit, qui semblait cantonné, montre aujourd’hui son visage le plus destructeur : celui d’une guerre contre les civils. L’histoire jugera-t-elle ceux qui ont fermé les yeux ? L’espoir, ténu, réside dans la pression internationale et dans la capacité des autorités à reprendre la main sur un territoire en déliquescence.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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