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La milice UPLC assoit son pouvoir par la terreur fiscale en Ituri

Depuis plusieurs mois, une chape de plomb s’est abattue sur le groupement Bakayeku, en territoire de Mambasa, province de l’Ituri. La milice Union Patriotique pour la Libération du Congo (UPLC) y impose un régime de prélèvements forcés, transformant le quotidien des habitants en un calvaire économique. Cette pratique systématique de taxes et d’amendes illégales constitue une forme de violence économique organisée, ciblant indistinctement commerçants et familles.

Le mécanisme est implacable. Les tenanciers de moulins et de boutiques doivent ainsi s’acquitter d’un tribut mensuel fixe de 25 000 francs congolais. Une somme colossale dans une région déjà exsangue. À cette extorsion s’ajoute une taxe hebdomadaire de 2 000 francs congolais par ménage, matérialisée par la remise d’un jeton, preuve macabre du paiement de son « impôt » à des bandes armées. Selon la catégorie arbitrairement définie du ménage, cette contribution peut s’envoler jusqu’à 25 000 francs. Ce système fiscal parallèle, imposé par la force, étouffe toute velléité de développement et de paix dans le groupement Bakayeku.

Mais que se passe-t-il pour ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas payer ? La réponse est brutale. Les récalcitrants sont soumis à des tortures ou à des amendes arbitraires encore plus lourdes. La milice UPLC utilise la peur comme outil de gouvernance, asseyant son contrôle sur la souffrance et la précarité des populations. Cette situation illustre la dégradation sécuritaire chronique dans cette partie de l’Ituri, où le conflit armé à Mambasa prend aussi une dimension économique prédatrice.

Pourquoi ce groupement est-il tant convoité ? La réponse se trouve dans son sous-sol et ses forêts. Comme le souligne l’acteur de la société civile Rams Malikidogo, « le groupement Bakayeku compte plus de 20 carrés miniers. On y exploite de l’or et du coltan. C’est aussi une zone riche en bois. » Cette richesse naturelle, qui devrait profiter à la communauté et à l’État, est détournée au profit des groupes armés. « Ce sont ces groupes armés qui exploitent illégalement les minerais et les planches. L’État pourrait en tirer d’importantes recettes pour le Trésor public, mais malheureusement ce sont eux qui contrôlent la zone », déplore-t-il. L’exploitation minière illégale en RDC, particulièrement dans cette zone, finance ainsi la persistance de la violence et prive le pays de revenus vitaux.

Face à cette situation intolérable, les autorités locales affirment avoir été saisies. L’administrateur du territoire adjoint de Mambasa indique que des instructions ont été données par le chef d’état-major adjoint en charge des opérations et du renseignement, lors de son récent passage dans la région, pour mettre fin à ces exactions. Reste à voir comment et quand ces instructions se traduiront par une action concrète et efficace sur le terrain, capable de déloger la milice UPLC de ses positions.

La pression monte également du côté de la société civile et des défenseurs des droits de l’homme. Plusieurs activistes dénoncent avec véhémence cette mainmise armée sur la vie économique et les ressources. Leur appel est unanime : l’État congolais doit assumer sa responsabilité première en neutralisant ces hommes armés qui contrôlent de vastes zones minières. La sécurisation du groupement Bakayeku et de ses axes est un préalable indispensable à la restauration de l’autorité de l’État et à l’arrêt du pillage organisé.

Cette affaire des taxes illégales en Ituri pose une question fondamentale : jusqu’à quand les populations civiles devront-elles vivre sous la coupe de milices qui se comportent en seigneurs de guerre, prélevant l’impôt par la terreur ? L’enjeu dépasse la simple anecdote locale ; il touche à la souveraineté nationale et à la capacité de l’État à protéger ses citoyens et ses ressources. La résolution du conflit armé à Mambasa et la fin de l’exploitation minière illégale en RDC passent nécessairement par le rétablissement de l’ordre et de la justice dans des zones comme Bakayeku. Le temps des discours est révolu ; celui de l’action décisive est plus que jamais attendu par des populations épuisées par des années d’abus.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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