La célébration du Nouvel An chinois à Kinshasa, ce 26 février, a transcendé sa dimension culturelle pour se muer en une tribune diplomatique de premier plan. Organisée au sein de la chancellerie de la commune de la Gombe, cette fête traditionnelle a servi de cadre à une réaffirmation solennelle de la robustesse et des ambitions futures du partenariat entre la République démocratique du Congo et la République populaire de Chine. Face à un parterre de responsables politiques, de diplomates et d’invités de marque, les allocutions de l’ambassadeur de Chine en RDC, Zhao Bin, et du vice-président du Sénat congolais, Modeste Bahati Lukwebo, ont dressé un bilan éloquent d’une relation bilatérale en pleine expansion, tout en pointant les défis à surmonter.
Le contexte dans lequel s’inscrit cette démonstration de fraternité n’est pas anodin. Les relations Chine RDC, forgées sur plusieurs décennies, ont connu ces dernières années une accélération notable, notamment dans le domaine économique. La Chine est devenue un partenaire incontournable pour la RDC, investissant dans des secteurs clés tels que les infrastructures, les mines et l’énergie. Cette célébration du Nouvel An chinois à Kinshasa symbolise ainsi la volonté partagée d’approfondir ce lien, au-delà des simples échanges commerciaux, vers une coopération stratégique intégrale. Comment cette dynamique se traduit-elle concrètement sur le terrain ?
L’ambassadeur Zhao Bin, dans son intervention, a livré un message sans équivoque sur la détermination de son pays. « Il y aura toujours plus d’opportunités que de défis, et nous ne ménagerons aucun effort pour réaliser les projets communs et accompagner le développement du pays », a-t-il déclaré. Le diplomate a mis en avant la continuité et l’ampleur croissante des engagements chinois, illustrée par l’ouverture récente d’une nouvelle ambassade. « L’ouverture de la nouvelle ambassade montre notre détermination à travailler encore plus étroitement et à plus grande échelle avec vous pour renforcer notre coopération économique », a-t-il ajouté. Des projets structurants, comme la construction d’infrastructures majeures et la mise en place prochaine d’un centre de formation professionnelle, ont été cités comme preuves tangibles de cette dynamique. La coopération économique Chine Congo apparaît ainsi comme un pilier central de la vision chinoise, avec une présence d’entreprises chinoises interprétée comme un gage de confiance en l’avenir congolais.
Face à ces annonces, la réponse congolaise, portée par Modeste Bahati Lukwebo, a été marquée par une gratitude officielle et un appel à la stabilité. « Les relations d’amitié, les relations culturelles et économiques entre nos deux pays sont toujours excellentes, et la Chine a toujours été à nos côtés en toute circonstance », a souligné le vice-président du Sénat. Il a vu dans les investissements chinois un plan à long terme pour l’avenir de la RDC, un « signal fort » pour la nation. Au-delà de l’aspect économique, Bahati Lukwebo a également salué le rôle diplomatique de Pékin, rappelant son action au Conseil de sécurité des Nations unies sur des dossiers sensibles concernant la région. Son plaidoyer pour une stabilité durable comme condition sine qua non d’une coopération internationale fructueuse reflète les préoccupations actuelles de Kinshasa. La diplomatie sino-congolaise peut-elle véritablement s’épanouir sans une paix consolidée à l’Est du pays ?
L’analyse de ces échanges révèle une relation à un carrefour stratégique. D’un côté, la Chine affiche sa volonté de consolider son ancrage en RDC, un pays au potentiel immense mais face à d’importants défis sécuritaires et de gouvernance. De l’autre, la RDC, tout en reconnaissant l’appui précieux de Pékin, semble consciente que la pérennité de cette coopération passe par une amélioration de son climat des affaires et de sa stabilité interne. Les deux parties semblent partager une conviction : malgré les obstacles, la relation offre des perspectives mutuellement bénéfiques. La résilience du peuple congolais, évoquée par l’ambassadeur, et les ambitions de développement du gouvernement Tshisekedi créent un terrain d’entente propice. L’ambassadeur Chine RDC incarne ainsi ce pont entre les deux nations, facilitant un dialogue constant.
En conclusion, la célébration du Nouvel An chinois à Kinshasa aura été bien plus qu’une fête. Elle a servi de révélateur à l’état des relations entre les deux pays. À l’heure où les équilibres géopolitiques globaux sont en mutation, la RDC et la Chine réaffirment leur choix de marcher main dans la main. Les déclarations de cette soirée esquissent les contours d’un partenariat renforcé, où la coopération économique et la diplomatie sino-congolaise s’entremêlent pour dessiner un avenir commun. L’avenir dira si ces engagements se concrétiseront pleinement, mais le message est clair : le partenariat sino-congolais reste une priorité pour les deux capitales, promise à se développer malgré les turbulences régionales.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
