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Grève enseignants Nioki : les écoles du Maï-Ndombe muettes, les élèves en errance

Les salles de classe de Nioki, dans la province du Maï-Ndombe, sont désespérément vides depuis plus de soixante jours. Alors que les festivités de fin d’année ont laissé place à un silence anormal, des milliers d’élèves se retrouvent en congé forcé, livrés à eux-mêmes, leurs cahiers remisés au placard. Cette grève, initiée par les enseignants des écoles conventionnées, paralyse le système éducatif local et plonge une génération dans l’oisiveté. Comment en est-on arrivé à cette crise éducation Congo si profonde, où les jeunes sont les premières victimes ?

« Nous sommes devenus des vagabonds. Nous marchons comme nous voulons, sans but », confie un élève, la voix empreinte de lassitude. Ce sentiment d’errance est partagé par de nombreux jeunes de Nioki. Leur quotidien, rythmé par les cours et les devoirs, a été brutalement remplacé par l’attente et l’incertitude. Certains, découragés par la longueur du conflit, ont pris la route vers d’autres villes. « Il y a d’autres élèves qui habitent ici mais qui ont voyagé », confirme un autre jeune, avant d’ajouter un appel poignant : « Nous voulons que les activités reprennent comme avant. Nous voulons aller à l’école pour être de bonnes personnalités. » Leur avenir, qu’ils espéraient bâtir sur les bancs de l’école, est mis en suspens.

Cette paralysie touche de plein fouet les instituts conventionnés de la ville, tels que Tolingana, Lwasa, Nioki, Charbel ou Alexis Mputu. Seuls les chefs d’établissement assurent une présence administrative, impuissants face au mouvement de grève. Jean-Claude Issey Ntwanza, préfet de l’Institut de Nioki, observe la situation avec amertume. « On observait la situation avec espoir… Mais ça continue à s’empirer, rien ne se fait, les enfants ne sont pas à l’école, les enseignants sont en grève, on n’a pas de choix », déplore-t-il. Ces propos illustrent l’impasse dans laquelle se trouve toute la communauté éducative. La fermeture des écoles fermées Mai-Ndombe n’est plus un épisode transitoire, mais une réalité durable aux conséquences potentiellement désastreuses.

Au cœur de cette crise se trouve la question brûlante des salaires enseignants RDC. Les enseignants de Nioki, comme beaucoup d’autres dans la province, conditionnent la reprise du travail au paiement effectif de leurs arriérés, qui remontent, selon leurs dires, à novembre 2025. Cette revendication met en lumière un problème structurel persistant dans le Maï-Ndombe. En effet, l’absence d’infrastructures bancaires dans de nombreuses entités de la province est fréquemment pointée du doigt comme une cause majeure des retards chroniques de paiement. Les enseignants, souvent les seuls piliers éducatifs de leur communauté, se retrouvent ainsi pris au piège d’une lutte pour leur dignité et leur survie économique. La grève enseignants Nioki n’est donc pas un simple mouvement d’humeur, mais le symptôme d’une fracture plus large dans la gestion des ressources humaines de l’État.

Quelles sont les conséquences de cette situation prolongée pour les élèves ? Outre le retard scolaire accumulé, qui sera difficile à combler, c’est tout le lien à l’institution scolaire qui se distend. Les risques de décrochage définitif augmentent avec chaque jour passé hors des salles de classe. Le congé forcé se transforme en parenthèse dangereuse, où l’oisiveté peut laisser place à des tentations bien éloignées des préoccupations éducatives. Cette grève, au-delà d’un conflit social, interroge la priorité accordée à l’éducation dans la région. Alors que les enfants sont censés être l’avenir de la nation, leur présent est sacrifié sur l’autel de dysfonctionnements administratifs.

Les enjeux pour l’avenir sont immenses. La résolution de cette crise nécessite plus qu’une simple injection de fonds ; elle exige une réforme profonde des circuits de paiement et une reconnaissance tangible de la valeur du travail enseignant. Sans une solution durable, le scénario de Nioki risque de se répéter dans d’autres territoires, creusant encore les inégalités éducatives au Congo. La question que tout le monde se pose à Nioki reste en suspens : jusqu’à quand les cahiers resteront-ils fermés et les esprits en jachère ? L’éducation, pilier du développement, ne peut se permettre d’être la variable d’ajustement de crises récurrentes.

Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd

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Yvan Ilunga
Yvan Ilunga
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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