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RDC : La CCIS lance une centrale d’achats pour révolutionner le commerce des femmes

Le paysage économique informel de la République Démocratique du Congo est sur le point de connaître une mutation structurelle significative. La Chambre de Commerce, d’Industrie et des Services (CCIS-RDC) a dévoilé, ce mercredi 25 février, un projet ambitieux visant à structurer et professionnaliser un pan entier de l’économie nationale : le commerce des produits agricoles, largement dominé par les femmes. L’initiative, baptisée PROXIS-Marché Péné Péné, se présente comme une centrale d’achats des produits agricoles dédiée spécifiquement aux femmes commerçantes RDC. Ce modèle de franchise, inspiré des meilleures pratiques internationales, ambitionne de redéfinir les chaînes d’approvisionnement et de valorisation des denrées locales.

Quel impact une telle structuration peut-elle avoir sur la sécurité alimentaire et le pouvoir économique des femmes ? La réponse se dessine à travers un investissement initial chiffré à 50 000 dollars pour la première phase, d’une durée d’un an. Ce premier jalon consistera en l’aménagement d’une plateforme centrale dans la périphérie de Kinshasa, avec l’appui technique d’un cabinet international. Selon Jean Robert Isifwa, président de la CCIS-RDC, cette infrastructure servira de hub logistique et de référence, garantissant des prix stables, une qualité contrôlée et un approvisionnement régulier, brisant ainsi la dépendance aux fluctuations erratiques des marchés traditionnels.

Le projet CCIS RDC projet ne s’arrête pas à la seule capitale. La vision est clairement fédératrice, avec un plan de déploiement de franchises similaires, les « PROXIS-Marchés », dans plusieurs provinces du pays. Cette duplication du modèle entend catalyser le développement économique local en créant des écosystèmes vertueux autour de l’agriculture. Cependant, la clé du succès réside dans la formation. « Pour bénéficier de la franchise, il faut suivre une formation », a martelé Jean Robert Isifwa, soulignant l’impératif de montée en compétences.

C’est dans cette optique qu’une mission économique Maroc RDC d’une semaine est programmée dans les semaines à venir. Cette délégation, composée d’une dizaine de femmes commerçantes pionnières et de quelques hommes, aura pour objectif un apprentissage approfondi sur la création et la gestion de coopératives à un niveau avancé. Le choix du Maroc comme terreau d’apprentissage n’est pas anodin ; le royaume chérifien dispose d’une expérience éprouvée dans la structuration de ses filières agricoles et dans l’autonomisation économique des femmes en milieu rural et commercial.

Quels sont les véritables enjeux sous-jacents à cette initiative ? Au-delà de la simple création d’infrastructures, le PROXIS Marché Péné Péné vise à formaliser un secteur qui, bien que vital, fonctionne largement dans l’informel. Cette formalisation est un levier puissant pour l’inclusion financière, permettant aux commerçantes d’accéder plus facilement au crédit bancaire, de bénéficier d’assurances et de sécuriser leurs revenus. Elle représente également un rempart contre les pertes post-récoltes et la spéculation, en stabilisant les circuits de distribution.

La CCIS-RDC, opérationnelle depuis trois ans, place donc son action sous le signe de l’impact concret. En canalisant les efforts vers la création de cette centrale d’achats produits agricoles RDC, l’institution répond à un double défi : stimuler la productivité agricole par une demande structurée et accroître la valeur ajoutée captée par les intermédiaires, majoritairement des femmes. À terme, ce dispositif pourrait servir de modèle pour d’autres secteurs de l’économie informelle, démontrant que la professionnalisation est la voie royale vers une croissance inclusive et résiliente en RDC.

Le succès de ce projet-pilote sera scruté à la loupe. S’il parvient à concilier rentabilité économique et impact social, en améliorant substantiellement les conditions de travail et les marges des femmes commerçantes RDC, il ouvrira la porte à une réplication à grande échelle. L’économie congolaise, souvent comparée à un géant aux pieds d’argile en raison de sa dépendance aux minerais, pourrait ainsi trouver dans la structuration de son agriculture et de son commerce de proximité un nouveau pilier de développement, ancré dans le quotidien de millions de citoyens.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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