La République Démocratique du Congo opère une révolution silencieuse dans son appareil de contrôle qualité. Ce jeudi, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et les hauts responsables de l’Office congolais de contrôle (OCC) ont assisté à la présentation officielle du Système national informatisé de certification aux normes congolaises dématérialisées (NCD). Portée par la société Videray Technologie, cette innovation majeure vise à transformer radicalement le paysage économique congolais en digitalisant l’ensemble de la chaîne de certification. L’objectif affiché ? Renforcer la compétitivité des produits « Made in DRC », simplifier les procédures administratives et réduire les délais de traitement à moins d’une semaine. Une avancée significative dans un contexte où la lourdeur bureaucratique a longtemps été un frein à la croissance.
Concrètement, comment fonctionne cette certification numérique ? Hance Mazimi Nsibu, représentant de Videray Technologie, a détaillé le mécanisme lors de la présentation. La plateforme prend en charge le processus de certification de bout en bout, depuis la soumission de la demande jusqu’à la délivrance du certificat, pour les produits, les systèmes de management et même les compétences des personnes. « Nous avons résolu un sérieux problème auquel la RDC fait face : la population est souvent victime de la consommation de produits illicites ou impropres. Grâce à ce système, et avec l’OCC, qui est l’organe national de la certification, nous pouvons désormais traiter toutes les demandes émanant des opérateurs économiques locaux afin de certifier leurs produits et permettre à la population congolaise de consommer des produits sûrs », a-t-il déclaré. Cette dématérialisation certification représente donc un outil puissant de régulation et de protection des consommateurs.
Sur le plan économique, les implications sont vastes. Le ministre Julien Paluku a appelé les secteurs public et privé à s’approprier cette innovation. En effet, la certification est un passeport pour le marché. Sans elle, les produits Made in DRC peinent à percer, tant sur le plan national qu’international. Avec des délais ramenés de plusieurs mois à moins de sept jours, les entreprises congolaises gagnent en agilité et en compétitivité. Elles peuvent ainsi répondre plus rapidement aux appels d’offres, saisir des opportunités commerciales éphémères et réduire leurs coûts de stockage liés à l’attente des certifications. L’Office congolais de contrôle voit son rôle renforcé : en passant au numérique, il gagne en efficacité, en traçabilité et en transparence, des atouts essentiels pour bâtir la confiance des investisseurs.
Mais au-delà de la simple modernisation administrative, c’est une stratégie de valorisation de l’économie nationale qui se dessine. « Désormais, nous misons sur la qualité et la certification. C’est l’un des arguments qui permettra de promouvoir vos produits sur le marché congolais et, pourquoi pas, sur le marché international », a souligné Hance Mazimi Nsibu. Dans un monde globalisé où les normes sont devenues des barrières non tarifaires cruciales, disposer d’un système fiable et rapide de certification est un avantage comparatif indéniable. Les secteurs clés de l’économie congolaise, comme l’agroalimentaire, l’artisanat ou les mines, pourront ainsi mieux contrôler leur qualité et accéder à des marchés plus exigeants.
Quels sont les défis à venir ? La réussite de cette réforme repose sur son adoption massive par les opérateurs économiques. Le ministre Julien Paluku devra donc mener une campagne de sensibilisation pour inciter les entreprises à franchir le pas. La formation des personnels de l’OCC et des utilisateurs sera également cruciale pour une transition en douceur. Par ailleurs, il faudra veiller à la cybersécurité de la plateforme pour protéger les données sensibles des entreprises. Si ces conditions sont remplies, la RDC pourrait voir émerger une nouvelle génération de produits certifiés, synonymes de qualité et de sécurité, et capables de rivaliser sur les étals régionaux et internationaux.
En conclusion, la certification numérique n’est pas qu’une simple modernisation technique ; c’est un levier de croissance économique et de souveraineté commerciale. En dotant le pays d’un outil performant de contrôle et de promotion de la qualité, les autorités congolaises envoient un signal fort aux investisseurs et aux consommateurs. La balle est désormais dans le camp des opérateurs économiques : sauront-ils saisir cette opportunité pour faire du « Made in DRC » un label d’excellence ? L’avenir de la compétitivité congolaise se joue aujourd’hui dans cette dématérialisation des procédures, une petite révolution qui pourrait avoir de grands effets.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
