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Mémorial Bogoro : la CPI inaugure un symbole de paix 23 ans après le massacre

Vingt-trois ans après les massacres de Bogoro ayant coûté la vie à plus de deux cents civils, un mémorial a été inauguré mardi en Ituri, financé par le Fonds au profit des victimes de la Cour pénale internationale. Cette stèle, érigée sur les lieux mêmes du drame, se veut un symbole de résilience et un rempart contre l’oubli, s’inscrivant dans le processus de justice transitionnelle en République démocratique du Congo. Comment honorer la mémoire des victimes tout en favorisant la réconciliation et la paix durable dans une région marquée par des conflits interethniques ?

La cérémonie de dévoilement a réuni autorités provinciales, représentants de l’ambassade d’Allemagne et responsables de la CPI, dans une démarche solennelle de recueillement. Samson Bahoiere, représentant des victimes des massacres Bogoro 2003, a souligné la portée de ce geste : « Puissent ces monuments rappeler à tous que, même face aux épreuves les plus difficiles, la solidarité internationale et la volonté commune peuvent faire naître des symboles d’espoir. Nous souhaitons que cela inspire les générations futures à œuvrer pour la paix. » Cette déclaration traduit l’aspiration à ce que le mémorial Bogoro transcende sa fonction commémorative pour devenir un catalyseur de cohésion sociale.

Deborah Ruiz Verduzco, directrice exécutive du Fonds au profit des victimes, a pour sa part insisté sur la dimension réparatrice de l’initiative. « Ce monument est le témoignage de la résilience des survivants. Il rappelle que la justice ne se limite pas aux décisions judiciaires, mais qu’elle s’inscrit également dans la reconnaissance et la transmission de la mémoire », a-t-elle affirmé. Cette approche souligne l’importance de la reconnaissance de la souffrance comme étape cruciale vers la guérison individuelle et collective, un pilier essentiel de la justice transitionnelle RDC.

Les événements commémorés remontent au 24 février 2003, date à laquelle le village de Bogoro a été le théâtre d’une attaque d’une rare violence perpétrée par des miliciens. Ces massacres Bogoro 2003, caractérisés par des exactions à grande échelle, ont profondément marqué le conflit en Ituri et ont fait l’objet d’une instruction judiciaire internationale. La CPI Ituri a été saisie de cette affaire, conduisant à des procès historiques. Germain Katanga, ancien chef de la Force de résistance patriotique en Ituri, a été condamné en 2014 par la CPI à douze ans de prison pour complicité de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Son co-accusé, Mathieu Ngudjolo Chui, a quant à lui été acquitté faute de preuves suffisantes, illustrant les complexités et les défis de la justice internationale.

L’érection de ce mémorial intervient dans un contexte où la recherche de la vérité et la réparation des préjudices subis par les victimes Bogoro restent des enjeux majeurs. Le financement par le Fonds de la CPI démontre l’engagement de la communauté internationale à soutenir les efforts de mémoire et de reconstruction dans des zones post-conflit. Ce monument constitue ainsi une forme de justice complémentaire, visant à restaurer la dignité des survivants et à prévenir la répétition des violences. La localisation du site, à 25 kilomètres de Bunia, en fait un lieu de pèlerinage et de réflexion accessible pour les populations de l’Ituri.

Au-delà de la pierre et des cérémonies, le mémorial pose la question fondamentale de la transmission aux jeunes générations. Dans une province encore secouée par des tensions sporadiques, un tel édifice peut-il réellement contribuer à édifier une culture de la paix ? Les initiateurs du projet l’espèrent, y voyant un outil pédagogique contre l’oubli et le déni. La justice transitionnelle RDC, par de tels actes symboliques, cherche à combler le fossé entre la justice punitive rendue à La Haye et les besoins de reconnaissance sur le terrain. Il s’agit d’un processus long et fragile, où chaque geste compte pour reconstruire le tissu social déchiré.

En conclusion, l’inauguration de ce mémorial à Bogoro représente une étape significative dans le long chemin vers la guérison et la réconciliation en Ituri. Elle rappelle que la mémoire collective, lorsqu’elle est officiellement honorée, peut servir de fondation à une paix durable. Alors que la région continue de faire face à des défis sécuritaires, ce symbole de résilience offre un message d’espoir : celui que la reconnaissance du passé puisse éclairer un avenir où la violence ne serait plus une fatalité. Le monument restera désormais un témoin silencieux mais éloquent, appelant à la vigilance et à l’engagement de tous pour la coexistence pacifique.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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