23.2 C
Kinshasa
mercredi, février 25, 2026

Toute l'Actualité RDC, en Direct et en Détail

AccueilActualitéÉconomieHausse des prix à Kisangani : l'inflation étrangle le Boyoma

Hausse des prix à Kisangani : l’inflation étrangle le Boyoma

La ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, est actuellement le théâtre d’une hausse préoccupante des prix, touchant particulièrement les produits de première nécessité. En l’espace de quelques jours, les étiquettes ont flambé, mettant à rude épreuve le pouvoir d’achat des Boyomais. Comment une telle situation a-t-elle pu s’installer aussi rapidement, et quelles en sont les ramifications économiques pour la région ?

Le constat sur le terrain est sans appel : que ce soit dans les marchés centraux ou les échoppes de quartier, le coût de la vie a subi une poussée fiévreuse. Un gobelet de riz, aliment de base par excellence, est passé de 1 000 à 1 400 francs congolais (CDF). Les haricots ont connu une ascension encore plus vertigineuse, grimpant de 1 000 à près de 1 800 CDF. Même les produits d’hygiène comme le savon ne sont pas épargnés par cette spirale inflationniste. Pour de nombreuses familles, remplir le panier de la ménagère relève désormais du parcours du combattant, illustrant une érosion alarmante du pouvoir d’achat.

Plusieurs facteurs structurels et conjoncturels se conjuguent pour expliquer cette inflation dans la région du Boyoma. En premier lieu, l’instabilité énergétique chronique frappe de plein fouet les unités de transformation locales. Les moulins, privés de courant régulier, sont contraints de recourir aux groupes électrogènes alimentés au carburant, dont le prix est volatil. Cette dépendance au diesel renchérit mécaniquement les coûts de production, répercutés in fine sur le consommateur final. Ensuite, la fluctuation du taux de change entre le dollar américain et le franc congolais joue un rôle crucial. Une grande partie des produits manufacturés, voire des intrants agricoles, étant importée, toute dépréciation de la monnaie locale se traduit par une augmentation des prix à l’importation. Enfin, le contrecoup des périodes de fêtes de fin d’année a contribué à une raréfaction temporaire de certains stocks, créant un terrain propice à la spéculation.

Face à cette situation, les acteurs de la chaîne de valeur se renvoient la responsabilité. Les détaillants pointent du doigt les grossistes, qui, de leur côté, gardent un silence prudent. Cependant, au-delà de ces tensions commerciales, une faille réglementaire semble avoir exacerbé la crise. Selon la Division provinciale de l’Économie de la Tshopo, le moratoire sur le contrôle des prix, décidé précédemment par la Primature, a créé un vide en matière de surveillance. Ce relâchement aurait offert une latitude certaine à certains commerçants pour augmenter leurs marges de manière disproportionnée, profitant d’un marché laissé à lui-même.

Pour Roger Mabonane, chef de cette division, la réponse doit être ferme et rapide. Dès la semaine prochaine, son service compte relancer des contrôles hebdomadaires des prix sur l’ensemble des marchés de Kisangani. L’objectif est double : d’une part, dissuader les pratiques spéculatives en rétablissant une forme de transparence et de discipline sur les étals ; d’autre part, tenter de stabiliser, voire de faire baisser, les prix pour protéger les consommateurs les plus vulnérables. Cette initiative s’inscrit dans une lutte plus large pour la préservation du pouvoir d’achat, élément clé de la cohésion sociale et de la stabilité économique régionale.

À plus long terme, cette crise met en lumière la vulnérabilité de l’économie locale face aux chocs externes et aux défaillances internes. La dépendance à une énergie onéreuse et intermittente appelle à une réflexion urgente sur la diversification des sources d’approvisionnement et l’investissement dans les infrastructures. De même, la gestion du taux de change et la régulation du marché des devises nécessitent une attention soutenue des autorités monétaires nationales. Sans une approche holistique combinant politique économique prudente et surveillance active des marchés, les épisodes inflationnistes comme celui que traverse Kisangani risquent de se reproduire, avec à chaque fois un peu plus de précarité pour les ménages.

En définitive, la hausse des prix à Kisangani n’est pas un phénomène isolé, mais le symptôme de fragilités économiques plus profondes. Le retour annoncé du contrôle des prix est une mesure nécessaire à court terme pour apaiser les tensions sociales. Cependant, seule une stratégie coordonnée visant à sécuriser l’approvisionnement énergétique, à stabiliser la monnaie et à renforcer la gouvernance économique pourra offrir une protection durable du pouvoir d’achat et assurer une croissance inclusive dans la province de la Tshopo.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

Commenter
Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
Actualité Liée

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici


Actualité Populaire Liée

Actualité Populaire RDC

Résumé de l'actualité quotidienne

Le Brief du Jour du 24 Février 2026

Une journée de tensions extrêmes au Nord-Kivu avec des affrontements et un exode massif, la présence diplomatique de Macron et Tshisekedi à Paris, la crise politique à Kinshasa suite au vandalisme du siège d’Ensemble pour la République, des signaux d’espoir social au Maniema pour les enseignants enfin payés, et un focus sur l’offensive internationale pour la paix au Sud-Kivu. L’Église catholique affirme sa position sur la crise M23 et Oscar Kabwit illumine le sport congolais en Suisse. Toute l’actualité majeure de la RDC, résumée ici.

Derniers Appels D'offres

Derniers Guides Pratiques