Le Daring Club Motema Pembe traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire. Enlisé dans les profondeurs du classement, frappé par des sanctions administratives lourdes de conséquences, le club vert et blanc semble avoir perdu son âme. C’est dans ce contexte de crise profonde qu’une voix familière s’élève, celle de Gladys Bokese, ancien pilier de la défense et capitaine emblématique. Son message, lancé dans une interview à Actualité Sport, est un électrochoc pour la famille Imanienne. Gladys Bokese ne mâche pas ses mots et pointe du doigt le cœur du problème : la division des supporters.
Le constat est sans appel. Alors que le DCMP a écopé d’un retrait de 24 points par la Linafoot, une sanction qui le cloue en bas du tableau, les luttes intestines continuent de le déchirer de l’intérieur. « Ce qui tue le club, c’est que nous sommes pro-dirigeants », assène l’ancien gladiateur. Pour lui, la priorité absolue doit être le maillot, et non les hommes qui défilent à sa tête. Son appel est clair : les supporters Imaniens doivent aimer leur équipe plus que ceux qui la dirigent. Un recentrage des priorités vital pour la survie même de l’institution. N’est-il pas temps, en effet, de mettre fin au culte de la personnalité pour retrouver l’essence même du football, cette passion collective qui transcende les individus ?
La nostalgie, dans la voix de Bokese, est palpable lorsqu’il évoque l’âge d’or du Daring Club Motema Pembe. Il rappelle avec émotion le slogan sacré, porté par la légendaire figure de feu Maître Toro : « Daring uni et imbattable ». Ce cri de ralliement, qui galvanisait les foules et terrorisait les adversaires, semble appartenir à un passé révolu. « Je ne sais pas si Papa Toro est parti avec », lance-t-il, mi-figue mi-raisin, soulignant par cette formule la disparition d’un état d’esprit. Cette unité club football était le ciment de leurs plus grands triomphes. Sans elle, que reste-t-il ? Un groupe d’individus, pas une équipe ; des supporters éparpillés, pas une famille.
Le diagnostic de l’ancien capitaine est implacable. Les turbulences administratives, les litiges avec d’anciens joueurs et entraîneurs, ont certes fragilisé l’édifice. Mais le mal le plus profond réside dans le positionnement des fans. Lorsque les tribunes se divisent en chapelles soutenant tel ou tel dirigeant, l’énergie se disperse, la ferveur faiblit. Comment un groupe peut-il se battre pour une cause commune si ses propres supporters sont en guerre froide ? L’appel de Gladys Bokese est avant tout un rappel à l’ordre : le DCMP est une entité qui doit survivre à ses gestionnaires, successifs et éphémères. Les dirigeants passent, le club demeure. Cette vérité fondamentale semble s’être perdue dans les méandres des rivalités et des egos.
L’histoire du Daring est pourtant écrite en lettres de feu et de ferveur. Les grands moments, les titres conquis, les exploits inoubliables sont tous le fruit d’une symbiose parfaite entre le terrain et les gradins. Aujourd’hui, cet équilibre est rompu. La mise en garde de Bokese est pleine de sens et résonne comme un ultime avertissement avant l’effondrement. Retrouver l’esprit du « Daring uni et imbattable » n’est pas une option esthétique, c’est une condition sine qua non de la résurrection. Les joueurs, souvent pointés du doigt, peuvent-ils retrouver la flamme si le feu sacré ne brûle plus dans le cœur de leurs fans ?
La balle est désormais dans le camp de la grande famille Imanienne. L’intervention de l’une de ses légendes vivantes, Gladys Bokese, aura-t-elle le pouvoir de faire taire les discordes et de rallumer l’étincelle ? Le chemin vers la rédemption sera long, semé d’embûches, surtout avec une équipe handicapée par un lourd déficit de points. Mais il commence par un choix simple, celui que propose l’ancien défenseur : remettre le club, et seulement le club, au centre de toutes les préoccupations. L’unité club football n’est pas un vieux slogan poussiéreux, c’est le seul remède à la crise. Si les Vert et Blanc parviennent à réapprendre cette leçon fondamentale, alors, peut-être, pourront-ils renaître de leurs cendres et écrire un nouveau chapitre de leur glorieuse histoire. Le temps n’est plus aux querelles de clocher, mais à la reconquête collective. L’appel est lancé. La réponse appartient désormais aux vrais supporters Imaniens.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: footrdc.com
