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Nord-Kivu : 19 ménages cambriolés par des hommes armés à Nkokwe, Masisi

Une nuit de terreur a frappé le village de Nkokwe, en chefferie des Bahunde, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu. Dans la nuit du dimanche 22 au lundi 23 février, une incursion d’hommes armés non identifiés a plongé la communauté dans la panique, résultant en une série de cambriolages ciblant au moins dix-neuf ménages. Cet incident violent soulève des questions brûlantes sur la sécurité des populations civiles dans cette région déjà meurtrie par des conflits.

Selon des témoignages locaux recueillis par notre rédaction, les assaillants ont pénétré dans le village après la tombée de la nuit. Le silence a été brutalement rompu par des détonations d’armes légères, semant l’effroi parmi les habitants. Les coups de feu, clairs et distincts, ont résonné dans l’obscurité, alertant non seulement Nkokwe mais aussi l’agglomération voisine de Shasha. En quelques minutes, un sentiment de vulnérabilité extrême s’est abattu sur ces communautés, habituées malheureusement à une insécurité chronique mais jamais résignées face à de telles attaques.

Le modus operandi des auteurs est caractéristique de pillages organisés. Les groupes armés ont systématiquement fouillé les habitations, s’emparant de biens de valeur. Les pertes matérielles pour les familles victimes sont considérables, venant anéantir des économies patiemment constituées. Plus grave encore, des habitants ont été légèrement blessés lors de ces affrontements, subissant les conséquences physiques et psychologiques d’une violence gratuite. Le bilan humain, bien que non mortel cette fois, rappelle le coût exorbitant payé quotidiennement par les civils dans le Nord-Kivu.

Cet épisode criminel survient dans un contexte local particulièrement sensible. Il intervient au lendemain d’une distribution d’assistance en espèces organisée à Kituva par l’Église du Christ au Congo (ECC) au profit des personnes vulnérables de la zone. Une coïncidence troublante qui interroge : les auteurs avaient-ils eu vent de cette aide et ont-ils planifié leurs attaques en conséquence ? Cette hypothèse, bien que non confirmée, est dans tous les esprits et ajoute une couche de cynisme à cet acte odieux. La charité se trouve ainsi pervertie, transformée en cible potentielle par des groupes prédateurs.

L’incident de Nkokwe n’est malheureusement pas un cas isolé dans la région. Il s’inscrit dans une spirale d’insécurité qui gangrène les axes de communication et les zones rurales du Masisi. En janvier dernier, les taximen moto desservant l’axe Goma–Masisi–Walikale avaient déjà tiré la sonnette d’alarme. Leur porte-parole, Lucien Amani Bitaha, avait publiquement dénoncé des pillages répétés et la multiplication des barrières illégales érigées par des hommes armés le long de cette route stratégique. Un appel à l’État congolais avait été lancé pour une intervention urgente afin de mettre fin à ces exactions. Où en est-on plusieurs mois plus tard ?

La géographie sécuritaire de la zone complique toute réponse simple. Le segment routier concerné se trouve dans une zone tampon aux dynamiques complexes. D’un côté, une partie du territoire de Walikale est contrôlée par les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les groupes d’autodéfense locaux, les Wazalendo. De l’autre, une portion de Walikale et de Masisi reste sous l’occupation des rebelles du Mouvement du 23 mars (M23). Cette fragmentation du contrôle territorial crée des zones grises où l’impunité prospère et où les civils sont pris en étau entre différents acteurs armés.

Qui sont réellement les auteurs de ces cambriolages à Nkokwe ? Des groupes armés opportunistes profitant du vide sécuritaire ? Des éléments liés à l’une des factions en présence ? L’absence d’identification formelle des assaillants entretient le flou et nourrit les rumeurs, amplifiant le sentiment d’abandon chez les populations. La chefferie des Bahunde, comme tant d’autres dans le Kivu, appelle à une présence renforcée et efficace des forces de l’ordre. La demande est claire : les habitants veulent pouvoir dormir sans craindre que leur porte ne soit enfoncée à la faveur de la nuit.

Les incidents de Nkokwe posent une fois de plus la question cruciale de la protection des civils en République Démocratique du Congo, particulièrement dans l’Est du pays. Alors que les efforts diplomatiques et militaires se concentrent souvent sur les lignes de front et les grandes villes, les villages ruraux continuent de subir des violences sourdes mais dévastatrices. La sécurité n’est pas un luxe, c’est un droit fondamental. Comment expliquer à une famille qui a tout perdu que l’État est impuissant à la protéger ?

L’urgence est aujourd’hui double : apporter une assistance humanitaire immédiate aux victimes de ces cambriolages à Masisi, et mettre en œuvre une stratégie sécuritaire adaptée pour empêcher la répétition de tels scénarios. La stabilisation du Nord-Kivu passera nécessairement par la capacité à garantir la sécurité dans les villages les plus reculés. En attendant, les habitants de Nkokwe et de Shasha se relèvent, comptent leurs pertes et vivent dans la crainte de la prochaine nuit. Leur résilience est mise à rude épreuve, et leur appel à la paix et à la justice reste plus actuel que jamais.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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