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Kinshasa sous tension : le siège d’Ensemble vandalisé, l’UDPS accusée d’intolérance politique

La nuit dernière à Kimbanseke, un quartier de Kinshasa, le siège de la fédération Tshangu du parti Ensemble pour la République a été la cible d’actes de vandalisme. Cet incident, survenu dans la discrétion des heures tardives, dépasse le simple fait divers pour se transformer en un épisode symptomatique des tensions politiques RDC qui semblent s’exacerber en périphérie de la capitale. La coordination provinciale du parti de Moïse Katumbi attribue formellement ces dégradations à des éléments proches de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), jetant une lumière crue sur les fractures qui traversent le paysage politique congolais.

Mike Mukebayi Nkoso, coordonnateur provincial d’Ensemble, n’a pas mâché ses mots lors d’une déclaration à la presse. En pointant du doigt la « Force du progrès », une structure satellite de l’UDPS, il a transformé ce qui pourrait être considéré comme un acte de délinquance en un symbole d’intolérance politique Kimbanseke. Son récit est alarmant : une simple banderole à l’effigie de Moïse Katumbi aurait suffi à déclencher une opération nocturne, organisée, visant à effacer ce symbole et à saccager les locaux. Cette lecture des événements interroge sur le climat régnant dans la capitale. Jusqu’où peut aller la rivalité entre formations politiques ? L’espace public est-il devenu un champ de bataille où l’affichage d’une opinion devient un acte de provocation ?

Le cœur des accusations portées par le cadre d’Ensemble repose sur une double critique, à la fois interne et internationale. D’une part, il fustige « l’indifférence et la passivité de la police sur place », une inaction qui, selon lui, équivaut à une complicité par omission. D’autre part, il dresse un constat sévère de l’ère Tshisekedi, accusant le président de « laisser prospérer l’intolérance dans la capitale ». Cette rhétorique, volontairement dramatique, vise à internationaliser le conflit. En brandissant la menace d’une insécurité généralisée pour les opposants – « Imaginez si Katumbi se rend à Tshangu sans sécurité renforcée » – et en annonçant une tournée auprès des chancelleries, Ensemble pour la République cherche clairement à médiatiser et à politiser au maximum cet incident. La stratégie est transparente : transformer un vandalisme siège opposition Kinshasa en un baromètre de la régression démocratique sous le régime en place.

La réaction de l’UDPS, par la voix de Gustave Lutumba, cadre du parti, n’a pas tardé et suit un script désormais classique dans le conflit UDPS Ensemble. Le rejet des accusations est catégorique : les auteurs ne seraient pas membres de la Force du progrès. Plus intéressant est le sous-texte de la réponse. Lutumba suggère que l’opposition « chercherait plutôt à tirer profit de tels incidents pour accentuer la tension politique en vue d’un éventuel dialogue ». Cette phrase révèle les coulisses de la bataille narrative. Chaque camp instrumentalise l’événement : l’un pour dénoncer un climat de terreur, l’autre pour peindre l’adversaire comme un manipulateur cherchant à créer des prétextes pour négocier en position de force. Le vandalisme siège opposition Kinshasa n’est donc plus qu’un prétexte ; l’enjeu réel est le contrôle du récit et la préparation du terrain pour les futures joutes politiques, qu’il s’agisse d’un dialogue national ou de la campagne à venir.

Au-delà de l’échange accusatoire, cet épisode pose des questions fondamentales sur l’état de la démocratie congolaise. La violence, même symbolique, contre un local politique d’opposition est un signal inquiétant. Elle révèle une porosité dangereuse entre militantisme politique et action violente, et interroge la capacité des institutions – en l’occurrence la police – à garantir un espace serein pour le pluralisme. Félix Tshisekedi, souvent présenté comme un président de dialogue, se retrouve ici implicitement accusé par l’opposition de laisser s’installer une culture de l’intimidation. Gérer cette crise de communication et de confiance sera un test pour son exécutif. L’inaction, ou une réponse purement sécuritaire, risque d’alimenter le discours victimaire de l’opposition et d’envenimer les tensions politiques RDC. Une enquête transparente et des appels au calme fermes s’imposent pour désamorcer une spirale qui ne profite à long terme à aucune des parties.

En définitive, le saccage du siège de Kimbanseke est moins important pour les dégâts matériels occasionnés que pour les représentations qu’il active. Il sert de catalyseur aux griefs accumulés et offre une tribune pour un discours plus large sur la régression des libertés politiques. La suite des événements dépendra de la capacité des acteurs à sortir de la surenchère verbale. L’annonce par Ensemble d’une mobilisation auprès des organisations internationales des droits humains montre que la partie se joue aussi sur le terrain de la diplomatie et de l’opinion internationale. Dans ce jeu complexe, chaque incident local est susceptible d’être monté en épingle pour servir une stratégie nationale, illustrant à quel point le tissu politique congolais reste fragile et hypersensible à la moindre étincelle. La capitale, sous les projecteurs, peut-elle retrouver un climat apaisé, ou n’est-elle que le prélude à des tensions politiques RDC plus généralisées dans l’ombre des provinces ?

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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