Le souffle chaud du continent s’est éloigné, laissant place à l’urgence du championnat national. Le FC Saint-Éloi Lupopo, après une aventure africaine en demi-teinte, a posé ses valises sur le sol congolais avec une ambition claire : reconquérir l’Afrique par la grande porte du sacre en Linafoot. Dimanche 22 février 2026, le stade Kibasa Maliba a vibré au rythme du retour des siens. Face au FC Tanganyika, les Cheminots ont signé une victoire nécessaire (2-1), un premier pas pour relancer la machine dans la course au titre. Mais cette réussite, aussi précieuse soit-elle, n’a pas effacé toutes les zones d’ombre. La plus préoccupante se niche entre les poteaux, là où Simon Omossola semble livrer un combat contre lui-même.
Les hommes de Guy Bukasa ont rapidement pris les choses en main, construisant une avance de deux buts qui semblait envoyer un message fort à leurs rivaux du championnat national RDC. Pourtant, dans les derniers soubresauts de la partie, un grain de sable est venu enrayer cette belle mécanique. Sur un coup franc en apparence anodin, tiré depuis un angle fermé par Milongo Ramazani, le gardien international camerounais a commis une faute de main. Sa parade, trop molle, n’a fait qu’effleurer le ballon sans l’empêcher de franchir la ligne. Un but évitable, un cadeau qui a légèrement assombri le tableau. La question est sur toutes les lèvres à Lubumbashi : Omossola est-il toujours le rempart infaillible d’antan ?
Les chiffres, en tout cas, parlent d’eux-mêmes et alimentent un débat brûlant. En Ligue des Champions, l’épopée européenne des Jaune et Bleu a tourné court, avec une élimination précoce en phase de groupes. Sur les 12 buts encaissés lors de cette campagne continentale, 11 l’ont été lorsque Simon Omossola gardait les cages. Une statistique lourde de sens qui fait tache sur le palmarès d’un gardien autrefois célébré pour sa sérénité et ses arrêts décisifs. Face à l’USM Alger ou à Al Hilal Omdurman, des erreurs de positionnement et des lectures de jeu approximatives ont coûté cher, contribuant directement à l’élimination des Cheminots. La confiance, ce carburant indispensable pour un dernier rempart, semble s’éroder à vue d’œil.
Le staff technique n’est pas resté inactif face à cette baisse de régime. Après la prestation décevante en Algérie, Guy Bukasa avait déjà choisi de donner sa chance à Esdras Kabamba contre les redoutables Mamelodi Sundowns. Un signal fort, une alerte lancée au titulaire habituel. Dans le poste le plus exposé du terrain, où chaque geste est disséqué, la moindre faille peut devenir un abîme. Simon Omossola possède pourtant l’expérience des grands matchs et un talent indéniable, capable de sortir des arrêts spectaculaires. Mais le football est un sport impitoyable, qui exige une constance sans faille, surtout lorsque l’on vise les sommets du championnat national.
La victoire contre le FC Tanganyika a le mérite de replacer le FC Saint-Éloi Lupopo dans la dynamique positive de la Linafoot. Trois points précieux, une équipe qui retrouve le goût du succès devant son public. Pour autant, peut-on vraiment viser le sacre national et une qualification pour les joutes africaines avec une défense aussi vulnérable ? La solidité collective passe inévitablement par la dernière sentinelle. Guy Bukasa le sait mieux que quiconque : le chemin vers le titre est semé d’embûches, et chaque détail fera la différence dans la bataille serrée qui se profile.
Alors, que faire face à cette délicate situation ? Faut-il maintenir sa confiance en Omossola, au risque de voir les erreurs se répéter ? Ou donner un temps de jeu plus important à Kabamba pour secouer la hiérarchie ? La réponse se construira match après match, dans l’intimité des entraînements et sous le feu des projecteurs. Une chose est certaine : le temps presse. La saison est encore longue, mais la marge d’erreur est mince pour un club aux ambitions aussi élevées que celles de Lupopo.
Pour Simon Omossola, le défi est désormais mental autant que technique. Retrouver cette plénitude, cette autorité naturelle qui faisait de lui un leader silencieux. Les grands gardiens se caractérisent par leur capacité à rebondir après un passage à vide. Le Camerounais a toutes les cartes en main pour écrire ce nouveau chapitre et redevenir le héros dont son équipe a besoin. L’avenir du FC Saint-Éloi Lupopo dans cette Linafoot 2026 pourrait bien se jouer sur cette renaissance.
La balle est désormais dans son camp. Le club de Lubumbashi a montré qu’il possédait l’armature pour brigner le titre de championnat national RDC. L’attaque trouve le chemin des filets, le milieu organise le jeu. Reste à colmater la brèche dans la forteresse. Si Simon Omossola retrouve son niveau, les Cheminots deviendront incontestablement les grands favoris de la course au sacre. Dans le cas contraire, la quête de la place africaine pourrait virer au cauchemar. L’heure des choix et des certitudes a sonné pour les Jaune et Bleu. La suite de l’aventure promet d’être passionnante.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: footrdc.com
