Une opération de désarmement menée par le Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRC-S) a enregistré une avancée significative ce samedi 21 février. Cinquante combattants du groupe armé Chini ya Tuna ont officiellement déposé les armes à Balingani, dans le territoire d’Irumu, en Ituri. Cette reddition volontaire marque un pas concret vers l’apaisement d’une région longtemps minée par la violence.
Cette démarche est le fruit d’une campagne de sensibilisation intensive conduite en étroite collaboration par le P-DDRC-S, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et les autorités coutumières locales. Leur action concertée a permis de convaincre ces individus de quitter la brousse et de rejoindre le chemin de la paix. Parmi ces anciens miliciens figurent quatre femmes, démontrant que le phénomène des groupes armés n’épargne aucun segment de la population.
Le geste symbolique et concret de cette adhésion au processus s’est traduit par la remise de cinq armes à feu, dont un revolver, d’environ six cents munitions et de plusieurs armes blanches. Bien que le nombre d’armes lourdes soit limité, cette restitution est perçue comme un acte de bonne foi et un premier pas essentiel. Le désarmement en Ituri passe inexorablement par de telles initiatives locales qui s’attaquent aux racines du mal.
Immédiatement après leur reddition, les procédures administratives du P-DDRC-S ont été enclenchées. Les ex-combattants ont été identifiés et ont reçu leurs cartes de démobilisation. Ce sésame officiel marque leur sortie définitive de la milice et leur ouvre les portes de la réinsertion socioprofessionnelle. Conformément aux protocoles du programme, ils ont regagné leurs villages d’origine où des projets adaptés les attendent.
La réinsertion des ex-combattants de la RDC est un pilier fondamental pour une paix durable. Ces anciens miliciens auront ainsi le choix entre plusieurs filières de formation et d’activités génératrices de revenus, telles que l’agriculture, la menuiserie ou la mécanique. L’objectif est clair : leur offrir une alternative économique viable à la vie des armes et les réintégrer en tant que citoyens actifs au sein de leurs communautés. Cette approche vise à briser le cycle de la violence et à prévenir les risques de reprise des hostilités.
L’administrateur du territoire d’Irumu a salué avec force cet engagement en faveur de la paix. Il a mis en avant le courage de ces hommes et femmes qui ont choisi de tourner la page pour contribuer au développement de leurs entités, meurtries par des années d’exactions et d’insécurité. Leur décision est un signal fort envoyé aux autres factions encore actives dans la région. D’ailleurs, ces nouveaux démobilisés se sont engagés à devenir eux-mêmes des ambassadeurs de la paix auprès de leurs anciens compagnons d’armes.
Cette opération de démobilisation de groupes armés, bien que modeste en volume, est riche en enseignements. Elle prouve que le dialogue et la persuasion, couplés à une offre crédible de réinsertion, peuvent porter leurs fruits. Elle démontre également l’importance cruciale de l’implication des leaders communautaires et coutumiers, qui jouent un rôle d’intermédiaire de confiance. Dans une province comme l’Ituri, où la méfiance envers les institutions est parfois palpable, cette alliance est précieuse.
Le processus est toutefois loin d’être terminé. Les autorités et leurs partenaires annoncent déjà une deuxième phase du programme, prévue pour le mois de mai prochain. Cette étape devra capitaliser sur le succès actuel pour élargir le mouvement de reddition. Les défis restent immenses : convaincre les chefs de guerre réticents, sécuriser les zones de retour, et garantir un financement pérenne pour les projets de réinsertion. La communauté internationale, à travers la MONUSCO, est appelée à maintenir son appui.
Au-delà des chiffres, cette reddition symbolise un fragile espoir. Chaque arme déposée, chaque ancien combattant réinséré, représente une victoire contre l’instabilité. Le Programme P-DDRC-S, dans sa mission complexe, continue ainsi de tisser patiemment la toile d’une paix durable en Ituri. L’engagement de ces cinquante individus, dont quatre femmes, est un rappel que les solutions locales et inclusives sont souvent les plus résilientes. La route est encore longue, mais un premier pas, décisif, a été franchi à Balingani.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
