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Haut-Lomami : La migration explosive des éléphants met les villages en état d’alerte

La tension est palpable dans les villages du territoire de Malemba-Nkulu, au cœur de la province du Haut-Lomami. Des géants aux pas lourds, des silhouettes massives se découpant contre l’horizon des champs : des troupeaux d’éléphants ont envahi les espaces de vie humaine, semant sur leur passage destruction et terreur. Cette migration d’éléphants dans le Haut-Lomami n’est pas un simple spectacle de la nature, mais le signe tangible d’un équilibre écologique en péril et de conflits humains-éléphants qui s’intensifient. Les dégâts infligés aux cultures sont considérables, menaçant directement la sécurité alimentaire des communautés, tandis que la peur d’une rencontre fatale avec ces pachydermes pèse sur le quotidien des habitants.

Pourquoi ces géants des savanes et forêts quittent-ils ainsi leurs sanctuaires ? Selon les experts de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), cette incursion n’a rien d’anormal ou de chaotique. Il s’agit d’un flux migratoire naturel, un période obligé que ces animaux empruntent traditionnellement. La recherche d’eau et de nourriture, couplée à une pression croissante sur leur territoire d’origine, les pousse à parcourir près de 200 kilomètres depuis le nord du secteur d’Ankoro. « Ce n’est pas une divagation, mais un mouvement lié à la recherche d’eau, de nourriture et à la pression exercée sur leur territoire », explique Antonio Longangi, responsable de la communication du Parc national de l’Upemba. Ces mots soulignent un phénomène écologique profond : la nature ne divague pas, elle survit, et parfois, sa lutte pour la survie croise violemment celle des hommes.

Face à cette situation, l’option d’un simple refoulement des animaux n’est pas envisagée, car elle irait à l’encontre de leur droit ancestral à circuler dans ces corridors. La priorité affichée par les autorités est donc la prévention et la protection, tant des populations que de cette espèce intégralement protégée par la loi congolaise. Malgré des contraintes financières et logistiques évidentes, plusieurs mécanismes ont été déployés. Un suivi télémétrique, via un collier GPS posé sur un éléphant, permet de tracer les déplacements en temps réel. Sur le terrain, des campagnes de sensibilisation radiophoniques et des sessions d’information tentent d’éduquer les communautés aux comportements à adopter. Un mécanisme de cohabitation est en cours d’élaboration, visant à réduire durablement les risques de conflits. Enfin, des consignes de sécurité strictes sont diffusées : ne pas approcher, ne pas provoquer, et signaler immédiatement toute présence.

Mais sur le front des conflits humains-éléphants, la théorie se heurte à une réalité brutale. Comment demander à un paysan de rester impassible quand son champ de manioc, son gagne-pain pour l’année, est piétiné en une nuit par un troupeau affamé ? Les dégâts causés par les éléphants en RDC ne sont pas une simple statistique ; ils représentent la ruine et l’insécurité pour des familles entières. La cohabitation est nécessaire mais terriblement délicate. L’éléphant, cet architecte des écosystèmes, est indispensable à la dissémination des graines et à l’équilibre de la biodiversité du Haut-Lomami. Sa disparition serait une catastrophe écologique. Pourtant, sa présence incontrôlée est perçue comme une menace immédiate pour la vie et les moyens de subsistance.

Cette crise met en lumière les défis immenses de la conservation des éléphants au Congo. Elle interroge notre capacité à protéger la mégafaune tout en garantissant la sécurité et le développement des communautés riveraines des aires protégées. Le Parc national de l’Upemba et l’ICCN sont en première ligne, mais leurs efforts nécessitent des moyens accrus et un engagement soutenu de tous les acteurs. Les communautés attendent des solutions concrètes et rapides, surtout en cette période où les migrations semblent s’intensifier. La voie à suivre est étroite : il faut innover dans la gestion des conflits, renforcer les systèmes d’alerte précoce, et peut-être imaginer des compensations pour les pertes agricoles.

La situation dans le Haut-Lomami est un microcosme des tensions qui secouent l’Afrique face à la pression sur les terres et les ressources. Elle nous rappelle que la protection de la nature n’est pas un luxe, mais une condition sine qua non de notre propre survie. L’appel lancé par les autorités à la prudence et à la responsabilité doit être entendu. Chaque incident évité est une victoire pour la paix entre l’homme et l’animal. L’avenir de cette coexistence fragile dépendra de notre volonté collective à concilier développement humain et préservation du patrimoine naturel exceptionnel de la République Démocratique du Congo.

Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net

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Miché Mikito
Miché Mikito
Né au bord du majestueux fleuve Congo, à Kisangani, Miché Mikito vous propose une couverture sportive dynamique et un éclairage unique sur les enjeux environnementaux. Passionné de sport, il suit de près les compétitions locales et internationales tout en restant très attentif à la préservation des richesses naturelles du Congo. Miché est votre guide pour tout ce qui concerne le sport et l’environnement.
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